Israël face à une dégradation de sa note de crédit
Lundi, l’agence de notation Fitch a abaissé d’un cran la note de la dette d’Israël, passant de « A+ » à « A », une décision qui témoigne de l’impact économique du conflit en cours avec le Hamas. Selon l’agence, le conflit à Gaza pourrait durer jusqu’en 2025, et les risques d’une extension à d’autres fronts sont bien réels. Cette situation entraîne des pressions budgétaires significatives, avec un déficit qui pourrait atteindre 7,8 % du PIB et une dette dépassant les 70 % du PIB.
Fitch souligne que les dépenses militaires d’Israël vont augmenter de manière permanente de près de 1,5 % du PIB par rapport aux niveaux d’avant-guerre, alors que le pays renforce ses défenses aux frontières. Cette escalade des dépenses militaires, combinée à la destruction des infrastructures et aux perturbations des secteurs clés tels que le tourisme, la construction et la production dans les zones frontalières, pourrait causer des dommages durables à l’économie israélienne.
L’impact du conflit ne se limite pas aux seules finances publiques. L’agence Fitch met en garde contre les effets à long terme sur les investissements et les perspectives économiques d’Israël, qui pourraient se détériorer encore davantage. En février, Moody’s avait déjà abaissé la note de la dette israélienne, suivie par S&P Global en avril. Ces décisions, motivées par les risques géopolitiques accrus, mettent en lumière les défis auxquels l’économie israélienne est confrontée en raison de la situation sécuritaire.
Les appels à une trêve internationale se multiplient
Malgré ces avertissements, le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich, a tenté de minimiser la gravité de la dégradation. Sur le réseau social X (anciennement Twitter), il a qualifié cette baisse de note de « naturelle » dans le contexte de guerre, assurant que l’économie israélienne rebondirait grâce aux mesures budgétaires « responsables » qu’il prévoit de mettre en œuvre.
Dans ce contexte tendu, les pressions internationales pour une trêve se sont intensifiées. La France, l’Allemagne et le Royaume-Uni ont appelé lundi à une trêve « sans délai supplémentaire » entre Israël et le Hamas dans la bande de Gaza. Les pays médiateurs, dont l’Égypte, le Qatar et les États-Unis, avaient déjà exhorté à la reprise des discussions sur une trêve, associée à la libération des otages.
Israël a confirmé sa participation à ces pourparlers, bien que le Hamas ait exprimé des réticences, appelant les médiateurs à présenter une feuille de route pour appliquer le plan soutenu par le président américain Joe Biden. Ce plan, approuvé par le Conseil de sécurité de l’ONU, vise à établir un cadre durable pour la paix. Cependant, l’organisation islamiste palestinienne a annoncé son boycott du sommet prévu jeudi, soulignant les difficultés à trouver un terrain d’entente dans un contexte de méfiance mutuelle.


