Le gouvernement n’a toujours pas revu à la baisse sa croissance pour 2016 et s’attend toujours à ce qu’elle soit de 1,5% contre 1,1% en 2015 selon les dernières estimations de l’Insee. Mais cette croissance n’est plus du tout conforme aux prévisions des grandes institutions : le FMI et l’OCDE n’y croyaient déjà plus, Bruxelles s’aligne sur elles.
Ce jeudi 4 février 2016 la Commission européenne a en effet revu à la baisse les prévisions de croissance de la France pour 2016 et ne table plus que sur 1,3% de croissance annuelle. C’est un problème car le gouvernement a établi sa Loi des Finances 2016 sur une prévision de croissance de 1,5% reconfirmée ce jeudi 4 février 2016 par Michel Sapin après la publication de Bruxelles.
Si les prévisions, pessimistes, de Bruxelles se réalisent, la France va avoir beaucoup de mal à rentrer dans les clous du Pacte de Stabilité. Pour rappel, la Commission européenne veut que la France fasse baisser son déficit sous la barre des 3% à l’horizon de 2017. Cette date est un ultimatum, la France ayant déjà obtenu deux reports.
Mais la Commission Européenne ne croit plus que ce soit faisable : elle ne s’attend désormais qu’à un déficit de 3,4% en 2016 puis de 3,2% en 2017, au-dessus des prévisions de Bercy qui a prévu de rentrer effectivement dans les 3% en 2017. Si le gouvernement n’atteint pas son objectif la Commission Européenne pourrait sanctionner la France d’une amende de 4 milliards d’euros.