En 2014, Greenpeace, l’une des plus grandes organisations environnementales mondiales, se retrouve au cœur d’une crise sans précédent au Pérou. Des membres de l’organisation ont endommagé un site archéologique emblématique en inscrivant un message de protestation sur le sol. Cette affaire a suscité un tollé international et a remis en question l’intégrité de l’organisation.
Greenpeace, reconnue pour ses actions en faveur de l’environnement, s’est retrouvée sous les feux de la rampe pour des raisons controversées au Pérou. Des membres de l’organisation ont causé des dommages irréparables à l’un des trésors culturels du pays, laissant derrière eux un message de protestation. Cet acte, initialement conçu pour attirer l’attention sur les enjeux environnementaux, a eu des conséquences inattendues, mettant en péril la réputation de Greenpeace et soulevant des questions sur sa méthode de militantisme.
Retour sur les faits
Le 8 décembre 2014, une vingtaine d’activistes de Greenpeace ont mené une opération sur le site de Nazca, au Pérou, inscrivant un message de protestation « Time to change, the future is renewable » (trad. « Il est temps de changer, le futur est renouvelable ») sur le sol près des célèbres lignes de Nazca dans le Sud du pays. Le but était de frapper les esprits en marge du sommet de la COP20 se déroulant dans la capitale du Pérou, Lima. Mais, ces derniers ont pénétré sur le site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1994 sans aucune autorisation.
Cette action a causé des dommages irréparables à la zone protégée, perturbant un précieux héritage culturel vieux de plusieurs siècles. Les autorités péruviennes ont été scandalisées par le manque de respect envers leur patrimoine culturel et ont rapidement lancé une enquête. Le ministère de la Culture péruvien parle même d’un « attentat » et a confirmé que la zone avait « subi des dommages considérables » puisque la figure du Colibri aurait été particulièrement touchée.
Greenpeace unanimement condamnée
L’opinion publique et même les plus fervents partisans de l’ONG ont critiqué l’approche de Greenpeace, estimant qu’elle sapait les efforts de conservation. Les membres de Greenpeace eux-mêmes ont été confrontés à des critiques internes, remettant en question les tactiques de l’organisation.
Greenpeace a rapidement présenté des excuses au peuple péruvien en affirmant qu’en « plus de 40 ans d’activisme pacifique », l’organisation a « toujours été respectueuse de tous les peuples du monde et de leur héritage culturel ». Elle a aussi reconnu l’erreur de ses membres en admettant que la fin ne justifiait pas les moyens. Le directeur général international Kumi Naidoo s’est déplacé personnellement à Lima pour présenter ses excuses au gouvernement péruvien et le chargé des relations presse Kyle Ash s’est entretenu avec de nombreux journalistes pour tenter de contrôler les dégâts sur l’image de l’ONG. L’organisation a également collaboré avec les autorités pour évaluer les dommages et soutenir les efforts de restauration.
Cependant, cette crise a mis en lumière des lacunes dans le dispositif de gestion de crise de Greenpeace, notamment en termes de supervision et de formation des membres participant à des actions sur le terrain. Bien que l’organisation ait réagi avec célérité, certains ont critiqué sa gestion interne et son manque de contrôle sur ses membres.
Greenpeace perd en crédibilité
La crise a entraîné une diminution de la confiance du public envers Greenpeace et a terni sa réputation en tant qu’organisation environnementale de premier plan. Les membres de l’organisation ont été contraints de réévaluer leurs méthodes d’action et de reconnaître l’importance du respect des sites culturels et historiques. En fin de compte, cette crise a servi de rappel à Greenpeace et à d’autres organisations similaires de l’importance de l’éthique et de la responsabilité dans la défense de l’environnement, ainsi que de la nécessité d’une gestion de crise efficace pour préserver la crédibilité et la légitimité de leur cause.
Toutefois, cette crise et ce manque de jugement d’une minorité des activistes de Greenpeace n’entachent pas sur le long terme les actions de centaines de milliers de partisans dans le monde entier. Aujourd’hui encore, l’ONG reste pionnière en matière de combat contre le réchauffement climatique.
Valentine Pla
Sources
- BBC News. « Greenpeace sorry for Nazca lines stunt in Peru. » (https://www.bbc.com/news/science-environment-30422994)
- The Guardian. « Greenpeace faces Peru probe over Nazca lines damage. » (https://www.theguardian.com/environment/2014/dec/10/peru-press-charges-greenpeace-nazca-lines-stunt)
- National Geographic. « Why Greenpeace’s Big Stunt in Peru Went Terribly Wrong. » (https://www.nationalgeographic.com/culture/article/141212-nazca-lines-greenpeace-archaeology-science)
