Datée de janvier 2026, une étude prospective de Spliiit met en lumière une réalité de plus en plus tangible pour les foyers en France : l’abonnement n’est plus un luxe, mais un poste de dépense quasi obligatoire. Dans un contexte de hausses généralisées des prix, la multiplication des services numériques et l’évolution des modèles économiques font grimper le coût global supporté par les ménages.
Coût cumulé des abonnements : une pression croissante sur les ménages français
Le premier enseignement de l’étude Spliiit concerne l’accumulation silencieuse des abonnements. Pris individuellement, chaque service affiche un prix souvent inférieur à quinze euros. Cependant, lorsqu’ils sont additionnés, ces montants finissent par peser lourdement sur le budget mensuel. En France, le streaming vidéo concentre à lui seul une part croissante de ces dépenses, avec plusieurs plateformes devenues incontournables pour suivre l’actualité culturelle et sportive. Cette fragmentation de l’offre oblige les ménages à multiplier les abonnements, ce qui renchérit mécaniquement le coût total.
Selon les projections de Spliiit, relayées par Clubic, cette logique d’empilement devrait s’intensifier au cours des prochaines années. À horizon 2030, la dépense mensuelle liée au streaming vidéo pourrait atteindre environ 75 euros par foyer, un niveau sans précédent pour un poste historiquement considéré comme récréatif.
Des augmentations de prix régulières et difficilement évitables
Au-delà de la multiplication des abonnements, l’étude souligne un autre facteur clé : la hausse continue des prix. D’après les données communiquées par Spliiit, les dépenses mensuelles liées aux abonnements numériques ont déjà connu une progression significative ces dernières années. En 2024, le budget moyen consacré au streaming atteignait 45 euros par mois, en hausse de 7 % sur un an et de 22 % sur deux ans, selon les chiffres publiés par la plateforme.
Par ailleurs, Spliiit anticipe une inflation annuelle des services numériques comprise entre 10 % et 15 %. Cette estimation, reprise par Le Point, traduit une réalité économique : les plateformes répercutent leurs coûts de production, d’acquisition de contenus et de développement technologique sur le prix des abonnements. Pour les ménages, ces augmentations successives sont difficiles à éviter, car les services concernés sont devenus centraux dans les usages quotidiens. Résilier un abonnement peut alors apparaître comme une privation plus que comme un simple arbitrage budgétaire.
Un modèle d’abonnement généralisé qui fragilise le pouvoir d’achat
L’étude Spliiit met en évidence l’extension du modèle par abonnement à l’ensemble de l’écosystème numérique. Le streaming vidéo n’est qu’un élément d’un panier plus large, qui inclut la musique, la presse en ligne, les outils de productivité ou encore certains services liés à la sécurité numérique. Selon les projections relayées en janvier 2026, la dépense totale pour maintenir ces services pourrait atteindre environ 230 euros par mois en 2030, soit près de 2 760 euros par an pour un foyer en France. Un coût qui rapproche les abonnements des dépenses contraintes traditionnelles.
Cette évolution pose un défi majeur pour le pouvoir d’achat. Comme l’explique Jonathan Lalinec, cofondateur de Spliiit, dans une déclaration reprise par Le Point, la hausse des abonnements transforme progressivement des loisirs en charges fixes. Le risque, à terme, est une fracture entre les ménages capables d’absorber ces augmentations et ceux contraints de renoncer à certains services numériques.



