Dire « bonjour » à ChatGPT n’a rien de répréhensible. Pourtant, ce réflexe en apparence anodin s’accompagne d’un coût bien réel pour OpenAI, sa maison-mère. Derrière cette civilité se cachent des millions de requêtes inutilement allongées qui ont un impact direct sur la consommation énergétique de ses serveurs — et, par conséquent, sur l’environnement.
La politesse envers ChatGPT coute des millions à OpenAI
Chaque requête adressée à ChatGPT est analysée en unités appelées tokens. Une simple salutation ou une marque de politesse suffit à alourdir sensiblement le traitement, et donc, le coût financier d’OpenAI. Sam Altman, le directeur général d’OpenAI, l’a reconnu sur X (ex-Twitter) en répondant à une question d’un internaute, affirmant que ces excès de langage représentaient pour l’entreprise « des dizaines de millions de dollars bien dépensés – on ne sait jamais », sans toutefois donner de chiffres précis.
Avec environ 300 millions d’utilisateurs hebdomadaires estimés à la fin de l’année 2024, l’effet de masse est considérable. La répétition de ces requêtes polies, inutiles d’un point de vue fonctionnel, génère une surcharge algorithmique qui mobilise davantage de puissance de calcul, sollicite l’infrastructure et accroît les coûts opérationnels. Une inflation invisible à première vue, mais qui fragilise concrètement le modèle économique d’OpenAI et son intelligence artificielle générative, ChatGPT.
Des conséquences catastrophiques pour l’environnement
Au-delà de son coût financier, l’impact énergétique de cette pratique est loin d’être négligeable. Répétées à grande échelle, ces surcharges sollicitent intensément les datacenters d’OpenAI, déjà très énergivores, et contribuent à alourdir leur empreinte carbone. Selon Numerama, un prompt enrichi de « Bonjour ChatGPT » et « merci » fait passer le traitement pour ChatGPT de 19 à 31 tokens, soit une augmentation de 63 %.
Le paradoxe est évident : en humanisant les échanges avec un modèle linguistique automatisé, les utilisateurs participent involontairement à une surconsommation énergétique évitable. Une dérive que Les Numériques résument sans détour : il s’agit d’ « une habitude anodine qui détruit la planète ».

