La refonte des bourses sur critères sociaux occupe une place de choix pour le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste. Convaincu qu’il était grand temps de revoir le système, il compte présenter son projet au chef du gouvernement, François Bayrou. Bien que techniquement finalisée, cette réforme fait face à un défi budgétaire de taille, surtout quand on sait que le budget alloué à la vie étudiante avoisine déjà 3,2 milliards d’euros par an. Alors que les discussions autour du budget 2026 se poursuivent, ce projet pourrait bien transformer le quotidien de nombreux étudiants.
Les soucis du système actuel
Le système en place présente plusieurs lacunes qui justifient une refonte complète. Un exemple frappant concerne les fameux « marches », où des étudiants voient leur statut de boursier perdu pour une différence de revenus familiaux parfois infime. Ce phénomène force certains à se débrouiller en fréquentant des épiceries solidaires pour joindre les deux bouts, en partie à cause de la taxation accrue qui affecte les jeunes travailleurs. Les syndicats pointent également du doigt le manque de clarté et les dysfonctionnements qui laissent de nombreux étudiants sans aide face à une situation de plus en plus précaire.
Par ailleurs, même si une revalorisation récente des aides de 500 millions d’euros en 2023 a permis à 30 000 étudiants supplémentaires d’accéder aux bourses, le nombre total de bénéficiaires reste faible. En effet, malgré une hausse de 2,1% pour l’année universitaire 2023-2024 (avec 37,1% d’étudiants boursiers), le chiffre global a baissé depuis 2020.
Le mode de fonctionnement des bourses actuelles
Les bourses sur critères sociaux sont réservées aux jeunes de moins de 28 ans qui suivent des études supérieures à temps plein. Pour y être éligible, les revenus familiaux ne doivent pas dépasser un certain seuil. Un simulateur mis à disposition par le gouvernement aide les familles à calculer l’aide à laquelle elles ont droit, laquelle varie de 6 335 euros à 1 454 euros, versée en dix mensualités. Pour faire une demande, il faut constituer un dossier social étudiant en ligne, et la période d’inscription s’étend du 13 mars au 31 mai 2024 pour l’année universitaire 2025-2026.
Les propositions de Philippe Baptiste
Philippe Baptiste défend une réforme qui tenterait de réduire ces inégalités et d’améliorer l’accès aux aides financières pour les étudiants, tout en renforçant la lutte contre la fraude. Il précise que, même si cette réforme représente un défi budgétaire important, il est persuadé qu’il faut remédier à un système qui ne tient plus la route. Le ministre décrit le budget alloué à la vie étudiante comme « serré », mais il réaffirme son engagement à transformer la situation.
En parallèle, Philippe Baptiste a dévoilé un projet de loi pour garantir la qualité des formations dans l’enseignement supérieur privé. Face à l’essor de nouvelles formations liées à l’apprentissage, il souhaite instaurer une régulation plus stricte pour freiner les abus, bien que ceux-ci soient minoritaires. Ce projet se divise en deux cercles : le premier regroupe les universités publiques et les grandes formations privées avec des obligations en matière de responsabilité sociale et de recherche, et le second, plus large, ne comporte pas ces obligations mais dispose d’une capacité de certification.


