À partir du 1er juillet 2025, la France va franchir une nouvelle étape dans sa lutte contre le tabagisme en étendant l’interdiction de fumer à plusieurs espaces publics en extérieur. Cette mesure, incluse dans le Programme national de lutte contre le tabac (PNLT) 2023-2027, a pour but de protéger les enfants et d’offrir un cadre de vie plus sain à tout le monde, s’inscrivant dans une politique tarifaire plus large. Elle fait suite à une promesse du gouvernement, faite fin 2023, de créer une génération sans tabac d’ici 2032.
Nouveaux lieux interdits
Dès le 29 juin 2025, il sera formellement interdit de fumer dans divers lieux publics en plein air, comme les jardins publics, les abords des écoles, les stades, les piscines, les plages et les abribus. Ces endroits seront officiellement surnommés « Espaces Sans Tabac » (E.S.T.) – une initiative appuyée par la Ligue Contre le Cancer, qui a déjà permis la création de 7 000 de ces zones en France. À noter que cette démarche vise à limiter, chaque année, le nombre de décès dus à un tabac de contrebande, qualifié de « responsable » – 75 000 décès au total, dont 45 000 par cancer.
Les abords des bibliothèques et d’autres équipements sportifs seront également concernés, alors que les terrasses de cafés et restaurants restent hors du coup. Par ailleurs, cette nouvelle réglementation ne précise pas à ce jour les modalités d’usage des cigarettes électroniques.
Sur le terrain, comment ça se passe
Certaines communes ont déjà commencé à mettre en place ces nouvelles dispositions. À Chalonnes-sur-Loire, au sud-ouest d’Angers, on compte déjà 12 Espaces Sans Tabac, ce qui en fait le record dans le département du Maine-et-Loire. De son côté, à Loire-Authion, près du groupe scolaire de Corné et d’une médiathèque, le maire Jean-Charles Prono a mis en place ces zones sans fumée.
Les réactions sur le terrain varient, mais elles sont souvent plutôt positives. Martine Richoux, par exemple, rappelle l’importance de ces zones dans les parcs et autour des écoles, en ajoutant que « les mégots se retrouvent à côté des bancs ». Des promeneuses du parc de la Deniserie se disent satisfaites, surtout quand elles voient des enfants jouer et que les risques liés à la sécheresse sont moins préoccupants. Une fumeuse de Chalonnes-sur-Loire a aussi souligné comprendre la nécessité d’être ferme face aux incivilités, bien qu’elle estime « ne gêner personne » puisqu’elle prend soin de ramasser ses mégots après usage.
Les chiffres et le soutien
Une enquête menée par la Ligue Contre le Cancer en mai 2025 révèle que deux Français sur trois sont favorables à une harmonisation des prix du tabac pour mieux réguler sa consommation. Dans le Maine-et-Loire, cinq nouvelles communes devraient bientôt obtenir le label E.S.T., ce qui porte leur nombre total à 62.
Le décret qui officialise cette interdiction a été publié au Journal Officiel le 28 juin 2025. Même si le texte ne détaille pas encore précisément les sanctions, il est envisagé qu’une contravention de quatrième classe de 135 € frappe ceux qui ne respecteraient pas la règle. En complément, une phase pédagogique permettra de sensibiliser le public avant que les sanctions ne soient réellement appliquées.
Regard sur un futur sans fumée
Cette extension des Espaces Sans Tabac représente un pas de plus vers un environnement plus sain pour tous, contribuant à améliorer la qualité de l’air. Catherine Vautrin y résume la chose en disant : « Là où il y a des enfants, le tabac doit disparaître. » Cette démarche de dénormalisation du tabagisme rappelle que « la liberté de fumer s’arrête là où commence le droit des enfants à respirer un air pur. »


