Interdiction de Visa de Thierry Breton : Paris durcit le ton face à Washington

La riposte française a été immédiate, frontale et politique. En réponse à l’interdiction de Visa visant Thierry Breton, Paris dénonce une décision américaine jugée idéologique, brutale et attentatoire à la souveraineté européenne. Au-delà du cas individuel, la France assume désormais un affrontement politique ouvert avec les États-Unis sur la régulation numérique et la définition même de la liberté d’expression.

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Le 23 décembre 2025, les États-Unis ont annoncé l’interdiction de Visa de cinq responsables européens, dont Thierry Breton, ancien commissaire européen au Marché intérieur. Cette décision, immédiatement politisée par Washington, a provoqué une réaction française d’une rare fermeté. Pour Paris, il ne s’agit ni d’un incident diplomatique ni d’un différend technique, mais d’une attaque politique directe contre la capacité de l’Europe à réguler son espace numérique souverainement.

Visa et États-Unis : Paris dénonce une ingérence politique inacceptable

Dès l’annonce de l’interdiction de Visa, la France a choisi l’escalade verbale. Le ton employé par le Quai d’Orsay tranche avec les usages diplomatiques habituels. Pour Paris, la décision américaine constitue une tentative assumée d’intimidation politique à l’encontre de responsables européens ayant exercé leurs fonctions dans le cadre strict des traités européens. En ce sens, la France refuse catégoriquement la justification avancée par Washington, qui accuse ces responsables d’avoir cherché à restreindre la liberté d’expression américaine.

Dans une déclaration officielle largement reprise par le Figaro, Jean-Noël Barrot a affirmé que « les peuples de l’Europe sont libres et souverains et ne sauraient se faire imposer par d’autres les règles s’appliquant à leur espace numérique ». Ce message, volontairement politique, vise directement les États-Unis. Il marque une rupture claire avec la prudence diplomatique souvent observée dans les différends transatlantiques. Désormais, Paris assume une confrontation idéologique frontale.

Au cœur de cette polémique, la question du Visa devient un instrument de pression politique. Pour la France, l’utilisation de cet outil par les États-Unis ne relève pas d’une simple décision administrative, mais d’un acte coercitif destiné à dissuader toute politique de régulation jugée hostile aux intérêts américains.

Thierry Breton et la ligne rouge française sur la souveraineté

La défense de Thierry Breton par la France ne se limite pas à une solidarité personnelle. Elle s’inscrit dans une logique de défense institutionnelle. Ancien commissaire européen entre 2019 et 2024, Thierry Breton a agi dans le cadre d’un mandat collectif confié par les États membres. En interdisant son Visa, les États-Unis ciblent implicitement l’ensemble de la chaîne décisionnelle européenne. C’est précisément ce que Paris refuse d’accepter.

Dans les cercles gouvernementaux français, la décision américaine est analysée comme une tentative de délégitimation de la régulation européenne. Le Digital Services Act, porté politiquement par Thierry Breton, est perçu à Washington comme une menace stratégique pour les plateformes américaines. Pour Paris, cette réaction américaine confirme au contraire la pertinence de cette régulation. Plus Washington s’oppose frontalement, plus la France estime nécessaire de maintenir le cap.

La polémique s’est encore renforcée lorsque Marco Rubio, figure influente de la diplomatie américaine, a accusé des « idéologues européens » de vouloir imposer une censure aux opinions américaines, selon des propos rapportés par l’AFP. En France, ces déclarations ont été reçues comme une remise en cause directe des fondements juridiques européens. Elles ont contribué à radicaliser le discours politique français, qui dénonce désormais une vision américaine jugée unilatérale et agressive.

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