La Seiko 6139 du Colonel Pogue : quand une montre japonaise a grillé la priorité aux étoiles…

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Montre Seiko du Colonel Bogue-crédit photo JDE | journaldeleconomie.fr

Dans l’imaginaire collectif, quand on parle de montres et d’espace, un nom revient systématiquement : l’Omega Speedmaster. Logique ? Oui, elle est allée sur la Lune. Fin de la discussion. Sauf que… l’espace, ce n’est pas que la Lune. Et contrairement à ce que l’on croit, la Speedmaster n’y était pas seule. Loin de là…

Une automatique dans l’espace ? Une mauvaise idée… en théorie

Sur Terre, une montre automatique se remonte grâce aux mouvements du poignet. Dans l’espace, plus de poids, plus de gravité… donc, sur le papier, plus de remontage. Conclusion : une automatique dans l’espace, ça ne marche pas. Enfin… sauf si ça marche. À tel point que nous pourrions presque nous demander si l’apesanteur ne serait pas l’espace détente des montres mécaniques. Moins de gravité, moins de stress, ça se tient… Pendant longtemps, on a attribué le titre de première montre automatique dans l’espace à la Sinn 140, portée en 1985 par l’astronaute allemand Reinhard Furrer lors de la mission Spacelab D1. Un exploit, certes, mais arrivé relativement tard. En effet, un passionné un peu trop curieux remarque, en 2007, un détail sur une vieille photo de mission Skylab 4, datée de 1973. Au poignet du Colonel William Pogue, astronaute NASA : une Seiko 6139. Après la Glycine Airman, voici donc une autre montre qui n’avait absolument pas été conçue pour flotter dans une capsule spatiale, mais qui s’y est retrouvée quand même. Et pas n’importe comment.

Une montre clandestine à bord de Skylab

Ni une, ni deux, l’auteur de cet article décide d’écrire directement à l’intéressé. Et contre toute attente, William Pogue lui répond. Oui, il avait bien emporté une Seiko. Non, elle n’était pas homologuée par la NASA. Oui, elle a fonctionné parfaitement. Cette Seiko 6139, Pogue l’utilisait en complément de la très officielle Speedmaster. Elle l’a accompagnée pendant les entraînements, puis durant toute la mission à l’intérieur de la station spatiale. Pas de sortie extravéhiculaire pour elle, mais un service irréprochable en orbite. Et le plus beau dans tout ça ? Le système de remontage automatique a continué à fonctionner… sans gravité. Rappelons un détail de fonctionnement : cette Seiko ne peut même pas être remontée à la couronne. Autrement dit, soit elle marchait toute seule, soit elle s’arrêtait. Elle a choisi la première option. « Je la trouvais très pratique pour chronométrer la combustion des moteurs. » — William R. Pogue. Rien que ça.

Une toolwatch sérieuse… avec une âme funky

Avec ses 41 mm, la Seiko 6139 est robuste, fiable et produite entre 1969 et 1979. Pendant des années, la version la plus recherchée était le modèle à cadran bleu et lunette Pepsi (bleue et rouge). Mais depuis que l’histoire de Pogue a refait surface, la version à cadran doré (6139-6002) est devenue la star incontestée. Plus rare, plus voyante, plus… attachante. En 2008, William Pogue met même en vente son propre exemplaire sur un site d’enchères en ligne. Résultat : près de 6 000 dollars, intégralement reversés à une œuvre caritative. Classe jusqu’au bout de la couronne. Malgré son pedigree orbital, la Seiko 6139 reste étonnamment accessible. On en trouve encore aujourd’hui en bon état pour 400 à 600 euros. À ce prix-là, vous n’achèterez pas seulement une montre vintage : vous posséderez un morceau d’histoire spatiale, non officiel, non homologué, mais parfaitement fonctionnel. Ce n’est peut-être pas la montre la plus célèbre de l’espace. Mais c’est clairement la plus cool.

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