Les utilisateurs de PayPal sont la cible d’une vague d’escroqueries sophistiquées : ils reçoivent des rappels pour des achats qu’ils n’ont pas faits. Cette histoire inquiète beaucoup d’usagers de la célèbre plateforme de paiement. Anna-Lucia Kürn, avocate spécialisée, tire la sonnette d’alarme sur une fraude qui gagne du terrain.
Comment fonctionne la fraude
Les fraudeurs exploitent une fonctionnalité de PayPal appelée « paiement invité » pour contourner les protections habituelles. Cette option, utilisée par certains marchands en ligne pour faciliter les achats, permet d’acheter sans disposer d’un compte PayPal. Les escrocs profitent de cette méthode après s’être procuré des données personnelles (nom, adresse, IBAN) via des fuites de données, du phishing ou des jeux-concours malveillants.
Une fois les informations en main, ils les saisissent chez un commerçant en ligne et choisissent le prélèvement SEPA via PayPal (prélèvement bancaire européen), explique Capital. Ce procédé ne nécessite pas de vérification de la part du marchand ni de la banque, ce qui laisse la porte ouverte à la fraude. Quand la banque effectue le prélèvement, PayPal crée un compte invité et un solde négatif apparaît si la banque fait une rétrofacturation.
On s’en aperçoit souvent trop tard
Beaucoup de victimes apprennent la supercherie seulement en recevant des lettres de rappel ou des courriers de cabinets de recouvrement. Anna-Lucia Kürn précise que « les personnes concernées apprennent souvent seulement par des rappels de PayPal ou des cabinets de recouvrement mandatés qu’il y a eu des commandes. » En l’absence de relation contractuelle, les victimes ne devraient pas être pénalisées, mais il reste difficile de prouver leur bonne foi face à ces prélèvements.
En cas de paiement non autorisé, les victimes peuvent demander une rétro-écriture à leur banque dans un délai de huit semaines après l’opération, soulignant l’importance de la sécurité bancaire.
En Allemagne, les consommateurs disposent même de 13 mois pour contester une Lastschrift (terme allemand pour prélèvement) non autorisée, ce qui rappelle qu’il faut vérifier régulièrement ses relevés bancaires.



