L’an dernier, 5,28 millions de foyers ont déclaré avoir effectué au moins un don, indique le 22e baromètre de Recherches et solidarités. Un chiffre en recul de 4,2% par rapport à l’année précédente, du jamais vu selon les chercheurs qui peinent à trouver une explication à cette baisse. C’est une première en effet depuis 1995 et les grèves contre la réforme Juppé. Les dons récoltés en 2016 se sont montés à 2,49 milliards d’euros, alors que ce montant avait été de 2,49 milliards l’année précédente : un résultat qui stagne donc, alors qu’il avait augmenté de 3,7% en 2015, et de 7,2% en 2014.
Plus réjouissant : le don annuel moyen a progressé. Il se montait à 472 euros en 2016, un chiffre en hausse de 5%. Si les moins de 30 ans ne représentent que 4% des donateurs et 3% des montants déclarés, leur don moyen est élevé à 335 euros, alors que leurs revenus sont plus limités que dans d’autres catégories d’âge. Ce sont les plus de 60 ans qui représentent le gros des donateurs : ils représentent en effet 53% des donateurs pour 58% des montants. Les plus de 70 ans donnent le montant moyen le plus élevé (536 euros), là aussi malgré des revenus qui peuvent être plus limités.
Les cinq premières organisations collectrices sont l’Association française contre les myopathies, les Restos du cœur, la Croix-Rouge, le Secours catholique et Médecins sans frontières. Les trois villes les plus généreuses sont Versailles, Neuilly-sur-Seine et Strasbourg. Les partis politiques, qui sont comptabilisés de manière distincte depuis 2013, voient leurs dons baisser fortement : 83,7 millions d’euros en 2016 (-11%) avec un nombre de donateurs en fort recul lui aussi de 11%.



Dons en baisse.
Peut-être est-ce dû au fait que les gens n’ont plus d’argent, bien que, par exemple, une étude récente révèle un accroissement de la fréquentation des restaurants (payants).
Peut-être est-ce dû au flou qui entoure certaines actions (ne pas savoir vraiment pour quoi l’on donne) ou à un désaccord concernant certaines actions.
Enfin peut-être est-ce dû à la multiplication des publicités concernant les legs en faveur des associations où des comédiens âgées invitent les personnes âgées à faire un legs. Car, à cause du fait qu’il s’agit de sommes importantes et que ces messages s’adressent à des personnes âgées susceptibles d’être influençables, le public (et en particulier les familles « déshéritées ») peut avoir l’impression que pour les associations la seule chose qui compte est l’argent et que peu importe la manière dont elles l’obtiennent.
Un retour aux simples demandes de dons serait donc souhaitable.