Airbnb interdit désormais aux hôtes de demander à leurs voyageurs de dépouiller les lits de leur linge ou de laver la vaisselle avant de quitter le logement. Cette nouvelle règle, intégrée à une mise à jour de la politique communautaire de la plateforme, entrera en vigueur pour toutes les réservations effectuées à partir du 20 novembre.
Concrètement, les hôtes ne pourront plus exiger des voyageurs qu’ils accomplissent des tâches nécessitant un effort ou un temps significatif, ou qui seraient typiquement réalisées par un professionnel du ménage. Sont explicitement visés : retirer les draps du lit, sortir les poubelles hors du logement, laver et ranger la vaisselle. Les voyageurs resteront en revanche libres de déposer la vaisselle sale dans l’évier, s’ils le souhaitent.
Sept règles de maison et des exceptions limitées
Les hôtes pourront continuer à fixer sept règles de maison standards, affichées intégralement au moment de la réservation : horaires d’arrivée et de départ, nombre maximal de voyageurs, restrictions sur le tabac, heures de silence ou encore autorisation des animaux de compagnie. D’autres demandes jugées raisonnables resteront possibles selon les considérations locales pertinentes, comme limiter la durée des douches en cas de restrictions d’eau liées à la sécheresse.
Ces règles seront désormais affichées plus visiblement et apparaîtront dans les rappels de réservation. Les contrats imposés aux voyageurs ne seront autorisés que dans des circonstances limitées, notamment lorsqu’ils sont exigés par la loi ou par le règlement d’une copropriété. Un hôte ne pourra plus imposer d’amendes, mais conservera le contrôle de ses règles de maison. Si une demande ne respecte pas les politiques d’Airbnb, elle sera signalée, et le propriétaire pourra faire appel.
Un porte-parole d’Airbnb a justifié ce changement dans une déclaration transmise à la BBC, expliquant que les règles de la maison aident les voyageurs à comprendre ce qu’attendent les hôtes, mais que la communauté a fait savoir qu’elles peuvent être déroutantes, pesantes et difficiles à gérer.
Il a ajouté qu’elles ont donc été repensées pour les rendre plus faciles à découvrir et plus claires à définir, accompagnées d’une nouvelle politique qui maintient des demandes raisonnables, sans surprises.
Ce virage fait suite à des plaintes accumulées des voyageurs, qui doivent déjà payer des frais de ménage, parfois plusieurs centaines de dollars. Depuis avril 2025, ces frais ne sont plus affichés séparément : les hôtes peuvent les intégrer directement dans le prix total du séjour, mais les listes de tâches imposées persistaient.
Pour Clint Henderson, rédacteur en chef du site de voyage The Points Guy, interrogé par NBC News, le changement a une portée réelle, estimant que c’est donc assez majeur pour les consommateurs. Il décrit une situation devenue intenable ces derniers temps, avec des propriétaires demandant aux voyageurs de faire les choses les plus ridicules, comme retirer les draps, laver la vaisselle, faire toute la lessive et sortir les poubelles.
Selon lui, c’est devenu vraiment incontrôlable, au point que des clients en viennent à se demander pourquoi séjourner dans un Airbnb s’il faut en plus faire des corvées. Henderson relève par ailleurs qu’Airbnb, une fois tous les frais additionnés, coûte aussi cher qu’un hôtel classique, ce qui a fait perdre à la plateforme une partie de son avantage sur la concurrence hôtelière.
Du côté des hôtes, le son de cloche diffère. Gabriel Valk, qui loue un bien à Greenville, en Caroline du Sud, estime que de petites tâches comme la vaisselle ou le retrait des draps relèvent de la « simple courtoisie ». Il reconnaît toutefois comprendre les critiques des voyageurs, qui estiment que s’ils payent, disons, 100 dollars pour le ménage, ils ne devraient rien avoir à faire, ce qui lui paraît tout à fait logique.




