Cette baisse des loyers n’est bien sûr pas uniforme selon les villes. À Paris, à Reims ou à Nantes, le recul des prix s’établie par exemple à 0,5%. Mais au Havre, à Rennes ou encore à Marseille, la baisse des loyers est beaucoup plus significative, autour des 3%. Parmi les raisons qui expliquent la situation, on trouve tout d’abord les difficultés économiques. Les locataires ont moins d’argent à consacrer à leur loyer et par conséquent, ils préfèrent rester dans un logement plutôt que de déménager pour plus grand.
L’autre raison tient au fait qu’il y a moins de locataires sur le marché. Les taux d’intérêt bas ont poussé bon nombre d’entre eux à acquérir un bien immobilier, plutôt que de le louer. Par conséquent, la demande en locations est plus faible, tandis que l’offre — les logements à louer — est mécaniquement en hausse. Un jeu de l’offre et de la demande qui pousse les propriétaires à baisser le prix des loyers. Au grand bénéfice des locataires.
Cette étude tombe à point nommé pour les propriétaires. En montrant que les loyers accusent globalement une baisse, ils pourront d’autant mieux refuser le « geste » demandé par Emmanuel Macron de réduire les prix de 5 euros pour compenser la baisse des aides au logement… Le marché a naturellement poussé les propriétaires à baisser leurs prix. Ces derniers se plaignent en parallèle de la hausse des charges. En somme, la balle est de retour dans le camp du gouvernement.


