Nos responsables politiques sont-ils idiots où démagogues (ou les deux) : les cas de l’augmentation de la fortune des milliardaires

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Crédit photo JDE | journaldeleconomie.fr

Il y a deux catégories d’hommes politiques lorsqu’ils parlent de la fortune des riches. Il y a les incompétents sincères, qui ne comprennent rien à l’économie mais parlent quand même. Et il y a les intelligents cyniques, qui comprennent très bien ce qu’ils font mais mentent volontairement pour flatter l’électorat. Les deux produisent le même résultat : ils montent la population contre ceux qui créent de la richesse, en transformant des chiffres de marché en récits moraux destinés à fabriquer de la colère sociale.

Des politiciens qui confondent un prix avec de l’argent

Quand un ministre ou un député explique que Bernard Arnault, Jeff Bezos ou Elon Musk se sont “enrichis de 30 milliards”, il ne décrit pas un transfert d’argent. Il décrit une variation de prix sur un marché financier. C’est la même chose que de dire à un Français : votre appartement valait 700 000 euros, il vaut aujourd’hui un million, donc vous avez gagné 300 000 euros. Le chiffre est vrai, l’interprétation est absurde. Tant que vous n’avez pas vendu, vous n’avez rien gagné, vous continuez à vivre dans le même appartement et votre compte en banque n’a pas bougé d’un centime. Pire encore, vous pouvez très bien perdre ces 300 000 euros demain si le marché immobilier se retourne. Pourtant, c’est exactement ce raisonnement grotesque que la classe politique applique à la Bourse, en faisant croire que la hausse d’un cours d’action est un chèque qui arrive sur le compte des actionnaires.

La manipulation délibérée des chiffres vrais

Le procédé est d’une efficacité redoutable. On prend un chiffre exact, la valorisation d’un actif à un instant donné, puis on change subrepticement son statut. Une estimation devient une richesse. Un prix devient un revenu. Un potentiel devient du cash. Le message que le public entend n’est pas “la Bourse a monté”, mais “les riches ont reçu de l’argent”. C’est de la pure manipulation cognitive. On utilise un indicateur partiel pour créer une perception fausse de la réalité. Prenez un héritier qui reçoit un immeuble de bureaux dans une zone sinistrée, valorisé sur le papier à deux millions. Peut-il en tirer deux millions ? Peut-être pas. Il est parfois invendable, ou seulement au prix d’une décote massive. Pourtant, sur une feuille de calcul, il est “riche”. C’est la même chose avec les milliardaires. Leur fortune est une valorisation théorique, pas un coffre-fort. La politique fait semblant de l’ignorer pour pouvoir désigner des ennemis.

Sacrifier l’économie pour quelques voix

Les plus dangereux ne sont pas les politiciens stupides, mais les politiciens intelligents qui utilisent cette confusion pour faire de la démagogie. Je ne peux pas imaginer qu’un Olivier Faure, un Gabriel Zucman ou un Boris Vallaud sont des idiots. Ils savent très bien que Bernard Arnault ne peut pas vendre LVMH sans détruire LVMH. Ils savent que Jeff Bezos ne peut pas liquider Amazon sans tuer Amazon. Ils savent que ces fortunes sont des instruments de contrôle d’entreprises qui emploient des centaines de milliers de personnes, pas des trésors personnels. Mais ils préfèrent faire croire que cet argent dort quelque part, prêt à être confisqué, parce que cela permet de flatter la jalousie, de détourner la colère et d’éviter de parler des vrais problèmes. En montant les Français contre les créateurs d’entreprises, ils sabotent l’investissement, l’innovation et l’emploi, le tout pour quelques points dans les sondages. C’est peut-être de l’incompétence, mais c’est plus souvent de la lâcheté politique.

La guerre contre les “riches” repose sur une supercherie intellectuelle : transformer des chiffres vrais en une réalité fausse. La Bourse n’est pas un distributeur de billets, et la valorisation n’est pas un revenu. Tant que la classe politique refusera de faire cette distinction élémentaire, elle continuera à mentir aux Français, à les dresser les uns contre les autres et à affaiblir l’économie qu’elle prétend défendre.

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