Le 19 novembre 2025, l’Assemblée nationale a définitivement approuvé la taxe de 2 euros sur les petits colis importés depuis un pays extra-européen. Cette taxe, au cœur du projet budgétaire 2026, ajoute un prélèvement forfaitaire sur chaque envoi d’une valeur de moins de 150 euros. La mesure, qui implique directement les consommateurs et les plateformes étrangères, inscrit la taxe au centre du débat politique et économique.
Une taxe pensée pour renforcer les contrôles douaniers
La taxe de 2 euros doit s’appliquer à chaque petit colis importé depuis un pays extra-européen, selon l’Assemblée nationale via l’amendement parlementaire présenté dans le cadre du Budget 2026. L’objectif, affirme le gouvernement, est d’accroître les capacités de contrôle, alors que plus de 1,5 milliard de colis e-commerce arrivent chaque année dans les foyers français, selon RTL. Plus de la moitié d’entre eux affichent une valeur inférieure à 150 euros, ce qui leur permet d’échapper aux droits de douane traditionnels. Cette réalité logistique, observée depuis plusieurs années, a favorisé l’explosion d’envois très bon marché, souvent originaires de Chine, tout en mettant sous pression les services douaniers.
Afin de justifier la taxe, le gouvernement met en avant un chiffrage précis : la mesure doit rapporter environ 500 millions d’euros, revenus destinés à financer l’achat de scanners et le recrutement de douaniers supplémentaires. Toutefois, cette taxe soulève des réserves au sein de l’opposition. « Faire croire aux Français qu’en taxant les petits colis, vous arriverez à augmenter de manière spectaculaire le nombre de contrôles, c’est se moquer du monde », a déclaré Marine Le Pen, chef de file du Rassemblement national, selon Les Échos. Pour ses détracteurs, le dispositif apparaît davantage comme une taxe de rendement que comme un outil opérationnel réellement calibré pour faire face aux flux massifs venus d’Asie.
Une mesure critiquée pour son impact économique et social
Au-delà de l’enjeu douanier, la taxe de 2 euros prend place dans un contexte de concurrence internationale exacerbée. Les plateformes de vente en ligne extra-européennes, très présentes sur le marché français, sont particulièrement visées. Cependant, cette intention affichée est contestée par une partie de la classe politique. « Ce n’est pas une taxe pour empêcher la concurrence déloyale chinoise, c’est une taxe sur la consommation populaire et les classes moyennes », a estimé le député Jean-Philippe Tanguy, rapporte Les Échos. Les critiques se cristallisent sur la dimension sociale : une taxe forfaitaire, appliquée indistinctement à tous les petits achats, pourrait renchérir des produits souvent essentiels pour des foyers à budget contraint.
Cette inquiétude n’est pas limitée au champ politique. Les acteurs industriels pointent eux aussi une mesure insuffisante pour rééquilibrer la compétition. Les débats témoignent d’un contraste saisissant : d’un côté une volonté affichée de mieux contrôler les flux extra-européens ; de l’autre, des doutes sur l’efficacité réelle à court terme d’un dispositif centré sur une taxe modeste au regard du volume d’envois.
Un marché colossal et une application encore incertaine
L’ampleur du marché des petits colis renforce les enjeux entourant cette taxe. En effet, près de 1,5 milliard de colis transitent chaque année vers les consommateurs français, d’après RTL, ce qui place les services douaniers face à un défi logistique inédit. Pour la majorité parlementaire, l’instauration d’une taxe constitue l’un des rares moyens d’assurer une montée en puissance rapide des capacités de contrôle, notamment grâce au financement de nouveaux équipements et au renforcement des effectifs spécialisés.
Cependant, l’application concrète de la taxe soulève déjà des interrogations. D’abord, le montant de 2 euros pourrait être absorbé par certaines plateformes agressives dans leur politique tarifaire, réduisant son impact sur les importations extra-européennes. Ensuite, les modalités techniques de collecte, notamment par les opérateurs postaux, restent à préciser afin d’éviter des retards et des surcoûts administratifs. Enfin, plusieurs parlementaires estiment que le dispositif doit être articulé avec un cadre européen plus large pour éviter les contournements, fréquents dans le commerce transfrontalier. À cet égard, de nombreux experts redoutent que la taxe ne produise qu’un effet marginal si elle n’est pas accompagnée d’une coopération renforcée.



Si c’est La Poste qui collecte, ils facturent 25 € de frais de traitement en supplément, ça va faire très cher !