Avec la hausse des températures et des épisodes climatiques extrêmes, le confort pendant l’été dans les logements devient un vrai sujet de préoccupation. Plusieurs députés français prévoient de déposer cet été une nouvelle pétition législative pour s’attaquer au problème des « logements bouilloires ». Ce projet pourrait bien changer le quotidien de nombreux locataires et propriétaires en France.
Des députés mobilisés et des objectifs précis
Un groupe de députés s’est réuni pour soutenir cette proposition audacieuse. Cyrielle Chatelain (Ecologiste et Social), Lionel Causse (Ensemble pour la République), Emmanuel Grégoire (Socialistes et apparentés) et Aurélie Trouvé (La France Insoumise) sont à l’initiative de ce mouvement. Leur but ? Donner aux locataires le droit de demander l’installation de deux équipements dits indispensables pour l’été :
- des protections solaires extérieures
- des brasseurs d’air.
Ils veulent aussi que l’indicateur de confort d’été du Diagnostic de Performance Énergétique (DPE) soit affiché sur toutes les annonces immobilières.
Une météo capricieuse
L’urgence de ce projet se confirme avec les récents pics de chaleur. À Paris, le 25 juin dernier, le thermomètre était monté à 34 degrés, illustrant bien la nécessité d’adapter nos logements aux fortes chaleurs. Le témoignage émouvant de Vahagn, un étudiant qui vit dans un studio sous les toits du XIXe arrondissement, en dit long. Il parle de son appartement comme d’une « passoire thermique » l’hiver et une bouilloire l’été. Cette situation pousse même certains à songer sérieusement au déménagement : « Ça m’a déjà fait songer au déménagement car ça peut être très difficile à vivre au quotidien, surtout avec les canicules de ces dernières années », confie-t-il.
Moderniser le DPE pour mieux évaluer le confort estival
Le DPE d’aujourd’hui est critiqué pour ses lacunes en matière de confort pendant l’été. La Fondation pour le logement des défavorisés rappelle que cet indicateur avait été conçu pour évaluer la difficulté de se chauffer l’hiver, plutôt que le bien-être en été. La ministre du Logement, Valérie Létard, souhaite donc le faire évoluer pour intégrer la notion de confort pendant la saison chaude, car les logements énergivores sont un problème croissant.
L’idée serait aussi d’inclure le confort d’été dans la vision de la rénovation énergétique globale.
Précarité énergétique et risques sanitaires
La précarité énergétique ne devrait plus se résumer aux soucis de chauffage en hiver, mais aussi prendre en compte les problèmes dus à une chaleur excessive. Selon Santé Publique France, environ 3 700 décès ont été attribués à la chaleur en 2024, et 42% des Français ont affirmé avoir souffert de températures trop élevées chez eux pendant cette période.
Ce projet de loi représente un pas en avant face aux défis des températures élevées. En repensant le confort d’été dans nos politiques immobilières et énergétiques, il pourrait changer durablement notre manière de concevoir le logement en France.


