SMIC : Quelle revalorisation au 1er janvier 2026 ?

À partir du 1er janvier 2026, la revalorisation automatique du SMIC apportera un gain net d’environ 20 euros par mois pour les salariés à temps plein. Une hausse modérée, sans coup de pouce gouvernemental, mais qui concerne plus de deux millions de personnes.

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SMIC revalorisation 2026
Un salarié au SMIC gagnera environ 240 euros nets de plus sur l’année 2026, soit près de 20 euros par mois. | journaldeleconomie.fr

Une revalorisation du SMIC interviendra au 1er janvier 2026. Montant, impact réel, territoires concernés : ce qu’il faut retenir.

SMIC : Une hausse sans intervention du gouvernement

Comme chaque début d’année, le SMIC – salaire minimum interprofessionnel de croissance – est révisé à la hausse selon une formule prévue par le Code du travail. Pour 2026, cette revalorisation atteindra 1,18%, en l’absence de toute intervention gouvernementale.

Le ministère du Travail a précisé que cette hausse résulte uniquement de l’application automatique des critères légaux, sans “coup de pouce” supplémentaire. Ce choix s’inscrit dans un contexte où l’inflation est restée relativement contenue sur l’année écoulée.

La formule prend en compte deux éléments :

– d’une part, l’évolution des prix à la consommation (hors tabac) pour les 20% de ménages les plus modestes, estimée à +0,6% par l’INSEE ;

– d’autre part, la moitié du gain de pouvoir d’achat observé sur les salaires horaires de base des ouvriers et employés, soit +0,595%.

Le total donne une revalorisation de 1,18%, appliquée à partir du 1er janvier 2026, après consultation de la Commission nationale de la négociation collective, de l’emploi et de la formation professionnelle (CNNCEFP).

Quels montants concrets pour les salariés ?

Avec cette hausse, le SMIC horaire brut passe à 12,02 euros, contre 11,88 euros depuis novembre 2024. Le salaire mensuel brut, pour un temps plein (35 heures), atteindra 1.823,03 euros, soit 21,23 euros de plus qu’actuellement.

En net, cela représente un revenu d’environ 1.443 euros par mois, contre 1.425 auparavant. Soit 20 euros nets supplémentaires, un montant relativement modeste mais non négligeable pour les personnes concernées.

Plus de 2,2 millions de salariés sont directement touchés par cette revalorisation, selon les dernières données de la Dares. Cela représente près de 12% des salariés du secteur privé.

La hausse annuelle cumulée atteint environ 240 euros nets. Pour les employeurs, cette revalorisation aura un impact budgétaire, notamment dans les secteurs fortement pourvoyeurs de main-d’œuvre au SMIC, comme la grande distribution, la restauration ou les services à la personne.

Des écarts selon les territoires

Dans les territoires d’outre-mer, la hausse s’applique également, sauf à Mayotte, qui suit une trajectoire spécifique.

Conformément à la loi du 11 août 2025, le SMIC net mahorais doit atteindre 87,5% de celui en métropole en 2026. Ainsi, le SMIC brut horaire à Mayotte passera de 8,98 euros à 9,33 euros, soit une hausse de 3,90%. En brut mensuel, cela représente 1.415,05 euros.

Cette augmentation bien plus marquée que sur le reste du territoire reflète une volonté d’alignement progressif, dans un contexte socio-économique particulier où les niveaux de rémunération restent sensiblement plus bas.

Autre indicateur révisé : le minimum garanti

Le minimum garanti, souvent utilisé comme base de calcul pour les avantages en nature dans la restauration ou les services domestiques, sera également revalorisé. Il passera de 4,15 à 4,25 euros au 1er janvier 2026.

Bien que distinct du SMIC, ce montant joue un rôle essentiel dans certains contrats de travail et régimes conventionnels.

Pas de « coup de pouce » : un signal politique aussi

Le gouvernement a suivi les recommandations du groupe d’experts SMIC, qui préconise depuis plusieurs années une application stricte de la formule légale, afin de préserver l’emploi peu qualifié et d’éviter les effets de seuil.

L’absence de coup de pouce – une hausse décidée volontairement au-delà de l’obligation légale – confirme une ligne politique prudente, qui donne la priorité à la stabilité des charges pour les entreprises.

Certains syndicats regrettent toutefois cette approche, estimant que le pouvoir d’achat des salariés au SMIC reste insuffisant, notamment en raison du coût du logement, de l’énergie et de l’alimentation.

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