Le 10 décembre 2025, la SNCF a officialisé un nouveau retard concernant les futures rames TGV M, initialement attendues début 2026. Cette annonce, qui intervient après déjà deux années d’ajustements successifs du calendrier, confirme que le train nouvelle génération d’Alstom n’arrivera finalement qu’à l’été 2026.
TGV-M : la SNCF confirme qu’il sera encore en retard
La SNCF a tranché : le premier TGV M destiné à la liaison Paris-Lyon-Marseille ne circulera pas avant le 1er juillet 2026. Ce retard, qualifié de « confirmé » par plusieurs médias nationaux, modifie profondément la trajectoire prévue pour ce programme stratégique. Selon La Tribune, la rame devait initialement être prête pour les Jeux olympiques de 2024, mais l’ensemble du projet accuse désormais environ deux ans de décalage.
Le retard résulte d’un double verrou : des livraisons incomplètes fournies par Alstom et une procédure d’homologation encore en cours. Le PDG de SNCF Voyageurs, Christophe Fanichet, l’a rappelé dans une formule sans détour : « …le constructeur n’a pas produit de rames en quantité suffisante… », a-t-il déclaré selon RTL. Cette phrase illustre le cœur du problème, d’autant que les autorités françaises et européennes n’ont pas encore validé l’intégralité des essais nécessaires pour autoriser la circulation commerciale. Néanmoins, les équipes de la SNCF affirment avancer rapidement puisque, selon Nice-Presse, le dossier d’homologation est déjà déposé et que le dirigeant assure : « Nous touchons au but. » Malgré ces avancées, la perspective de juillet 2026 reste intangible, en raison des impératifs réglementaires auxquels aucun opérateur ferroviaire ne peut déroger.
Le 1er juillet 2026 : date de lancement des nouvelles rames TGV ?
Ce retard ne doit toutefois pas masquer les progrès obtenus, car la SNCF dispose déjà de quatre rames en essai de pré-exploitation et anticipe d’en recevoir six en mai. Selon RTL, cela permettrait d’engager quatre rames dès le 1er juillet, si le calendrier d’homologation demeure stable. Cette projection montre que, malgré les difficultés, l’opérateur parvient à maintenir une forme de continuité opérationnelle afin d’amorcer la transition vers cette nouvelle génération de train. Grâce à ces essais intensifs, les équipes techniques valident progressivement les performances, la consommation énergétique et la compatibilité réseau des nouvelles rames.
Pour comprendre la portée de ce retard, il faut rappeler l’ambition industrielle du TGV M. La SNCF en a commandé 115 rames, un volume inédit pour un matériel de nouvelle génération. Pensé comme une plateforme modulable, le train promet une baisse significative de la consommation d’énergie et une capacité revue à la hausse : environ 20 % de passagers supplémentaires par rapport à un TGV classique, selon les déclarations de Christophe Fanichet. Ce gain structurel constitue un atout majeur pour un opérateur confronté à une hausse régulière de la demande, en particulier sur les axes à forte densité. Ainsi, même si le retard actuel perturbe la stratégie commerciale de l’entreprise, l’enjeu reste avant tout d’assurer la fiabilité du produit final et de garantir la conformité réglementaire. Fanichet tempère d’ailleurs cette situation en soulignant : « Je ne suis pas content de ces retards, mais je suis sûr que d’ici quelques mois on aura tout oublié, tant son caractère est révolutionnaire. »
Un retard aux multiples conséquences industrielles
Sur le plan industriel, ce retard met en lumière les difficultés rencontrées par Alstom pour respecter son calendrier de production. Produire une rame entièrement nouvelle, à la fois plus légère, plus modulable et plus performante, implique une montée en charge délicate. Le constructeur doit simultanément finaliser les chaînes d’assemblage, garantir la régularité des sous-traitants et intégrer les retours issus des essais dynamiques. Ainsi, les ajustements successifs qui rallongent la mise en service ne traduisent pas seulement un décalage administratif, mais bien une complexité fondamentale liée au renouvellement d’une génération entière de matériel roulant.
Commercialement, la SNCF doit composer avec ce retard alors que le marché ferroviaire à grande vitesse est désormais concurrentiel. Sur des axes comme Paris-Lyon ou Paris-Marseille, l’arrivée d’opérateurs privés a renforcé la pression sur la qualité de service et sur la mise en service rapide d’innovations. Le TGV M, en augmentant la capacité de transport et en optimisant les coûts d’exploitation, devait constituer une arme stratégique. L’absence de ces rames au début de l’année 2026 oblige l’entreprise à repenser certains arbitrages, notamment en matière d’offre et de cadence.


