Stripe et Advent proposent plus de 53 milliards de dollars pour racheter PayPal : le secteur fintech retient son souffle

Stripe vient de déposer une offre à 53 milliards de dollars pour racheter PayPal, soit une prime de 28 % sur le cours actuel. Derrière ce chiffre vertigineux se cache une bataille pour les données de paiement de centaines de millions d’utilisateurs.

Publié le
Lecture : 3 min
Stripe et Advent proposent plus de 53 milliards de dollars pour racheter PayPal : le secteur fintech retient son souffle
Stripe et Advent proposent plus de 53 milliards de dollars pour racheter PayPal : le secteur fintech retient son souffle © journaldeleconomie.fr

Stripe et la société de capital-investissement Advent International ont déposé une offre formelle pour acquérir PayPal, valorisant l’entreprise à plus de 53 milliards de dollars, soit 60,50 dollars par action. L’information a été rapportée par Reuters le mardi 14 juillet, puis confirmée par le Financial Times, qui cite deux personnes proches du dossier ayant requis l’anonymat.

La prime proposée est d’environ 28 % par rapport au dernier cours de clôture de l’action PayPal, établi à 47,37 dollars. Les marchés ont immédiatement réagi : après avoir légèrement reculé dans la journée, le titre a bondi de plus de 13 % en after-hours, puis de plus de 18 % en pré-marché le lendemain, à 56,10 dollars.

Pour boucler l’opération, Stripe et Advent s’appuient sur un financement engagé d’environ 50 milliards de dollars auprès de banques non nommées. Aux termes de la proposition, les deux acquéreurs détiendraient PayPal à parts égales, sans démantèlement prévu de l’entreprise.

Une cible fragilisée par cinq ans de décrochage boursier

L’offre arrive à un moment où PayPal traverse une période difficile. Sa capitalisation boursière est tombée à environ 36 milliards de dollars, après une perte de plus de 40 % sur les douze derniers mois et de plus de 80 % sur cinq ans. Le groupe a pourtant affiché un chiffre d’affaires net de 8,4 milliards de dollars au premier trimestre 2026, en hausse de 7 % sur un an.

Pour tenter de redresser la barre, le conseil d’administration a nommé en février un nouveau PDG : Enrique Lores, recruté depuis HP, en remplacement d’Alex Chriss. Le communiqué de l’entreprise était sans ambiguïté : « le rythme du changement et de l’exécution n’était pas conforme aux attentes du conseil d’administration ».

Lores a rapidement annoncé ses intentions aux actionnaires en mai : refonte des processus autour de l’intelligence artificielle, suppression des couches de gestion en double, avec des économies combinées d’au moins 1,5 milliard de dollars attendues sur deux à trois ans.

Des sources avaient également indiqué à Bloomberg que PayPal prévoyait de supprimer environ 20 % de ses effectifs sur la même période, et en juin, l’entreprise aurait envisagé de fermer sa branche de capital-risque.

Un intérêt de Stripe annoncé depuis février

Ce n’est pas la première fois que Stripe manifeste son intérêt pour PayPal. Bloomberg avait signalé dès février que Stripe cherchait à racheter une partie ou la totalité de l’entreprise. Une première approche avait suivi en avril, sans réponse de PayPal.

L’offre formelle a été présentée début juillet, et les deux acquéreurs cherchent à faire avancer les discussions dans les semaines à venir. PayPal a jusqu’ici été réticent à s’engager, et rien ne garantit que la transaction aboutisse.

Pour Stripe, qui était valorisée à 159 milliards de dollars plus tôt cette année, une acquisition de PayPal représenterait un saut de taille. Chris Jones, directeur général de PSE Consulting, voit dans ce rapprochement une logique claire au-delà des simples avantages d’échelle.

Dans une déclaration accordée à SiliconRepublic.com, il souligne que « le portefeuille PayPal pourrait s’appuyer sur le succès précoce de Link, le paiement accéléré destiné aux consommateurs de Stripe, qui compte déjà plus de 200 millions de comptes consommateurs, et créerait de nouvelles occasions pour exploiter l’investissement de 1,1 milliard de dollars de Stripe dans l’infrastructure stablecoin grâce à son achat de Bridge ».

Jones va plus loin sur la question des données : « Associez Link et le portefeuille PayPal et vous obtenez une portée véritablement énorme au moment du paiement, l’un des plus grands pools combinés d’informations de paiement stockées au monde. Ce n’est pas une mince affaire dans un marché où la réduction des frictions lors du paiement est tout le jeu. »

Stripe a en effet multiplié les acquisitions ces derniers mois : après Bridge, elle a intégré Privy et Metronome à son portefeuille, tout en développant sa propre mainnet appelée Tempo et en rejoignant l’initiative Open USD aux côtés de Mastercard, Visa et BlackRock pour concevoir un nouveau stablecoin. PayPal dispose de son côté du PYUSD, son propre stablecoin, huitième du secteur avec une capitalisation de 185 millions de dollars.

Laisser un commentaire

Share to...