Alimentation saine : +25% en 5 ans, un budget devenu inaccessible pour des millions de ménages

Depuis la pandémie, le coût d’une alimentation saine a bondi de 25%, atteignant 4,28 dollars par jour et par personne. Pour 2,69 milliards d’individus, soit un tiers de la population mondiale, manger équilibré est devenu financièrement inaccessible.

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L’expérimentation prévoit l’intégration de séances régulières d’éducation à l’alimentation du primaire au lycée. | journaldeleconomie.fr

Depuis la pandémie de Covid-19, le prix d’une alimentation saine a grimpé de 25%. Pour une personne seule, cela signifie débourser 4,28 dollars chaque jour, soit environ 130 euros par mois. Une somme inaccessible pour des millions de ménages à travers le monde. Selon le dernier rapport de la FAO publié cette semaine, près d’un tiers de la population mondiale ne peut plus se permettre de manger sainement.

Depuis 2021, votre panier alimentaire sain a explosé

25% de hausse en cinq ans : ce que cela signifie pour votre budget

Entre 2021 et 2026, le coût d’une alimentation saine a bondi de 25% à l’échelle mondiale. Pour un foyer de quatre personnes, la facture mensuelle atteint désormais 520 dollars, contre 416 dollars il y a cinq ans. L’inflation alimentaire frappe particulièrement les produits nutritifs : viande, poisson, œufs, fruits et légumes frais. Les céréales et légumineuses, moins chères, ne représentent que 13% du budget alimentaire sain. Pourtant, beaucoup de familles basculent vers ces aliments de base pour boucler les fins de mois, au détriment de leur équilibre nutritionnel.

4,28 dollars par jour : peut-on se le permettre ?

Le montant de 4,28 dollars quotidiens cache une réalité cruelle. Dans les pays à faible revenu, ce coût représente parfois plus de 60% du salaire journalier moyen. « En conséquence, 2,69 milliards de personnes, soit près d’une personne sur trois dans le monde, ne peuvent toujours pas se permettre d’avoir une alimentation saine », a déclaré Maximo Torero Cullen, chef économiste de la FAO, lors d’une conférence de presse au siège de l’ONU à New York. En France, pour une famille vivant avec le SMIC, consacrer 520 euros par mois à l’alimentation équivaut à 40% du budget mensuel après loyer. Un arbitrage impossible pour beaucoup.

Quels aliments ont le plus augmenté ?

Les produits animaux : le choc budgétaire majeur

Les produits d’origine animale pèsent désormais près de 30% du coût d’une alimentation saine. Viande rouge, volaille, poisson, œufs et produits laitiers ont vu leurs prix flamber sous l’effet combiné de l’inflation des matières premières, de la hausse des coûts énergétiques et des perturbations logistiques post-pandémie. Un kilo de poulet coûte aujourd’hui 15% de plus qu’en 2021, le bœuf 20% de plus. Pour les ménages modestes, la viande devient un luxe réservé aux occasions spéciales. Beaucoup réduisent leurs portions ou remplacent les protéines animales par des alternatives végétales moins onéreuses, mais parfois moins riches en nutriments essentiels comme le fer ou la vitamine B12.

Fruits et légumes frais : un luxe croissant

Les fruits et légumes représentent 16% du budget alimentaire sain, mais leur accessibilité se détériore rapidement. Selon la FAO, les produits frais subissent une double peine : coûts de production élevés et pertes importantes lors du transport et du stockage. Un kilo de tomates a augmenté de 18% depuis 2021, les pommes de 12%. Les ménages privilégient alors les fruits et légumes surgelés ou en conserve, moins chers mais souvent moins nutritifs. Dans certaines régions, notamment en Amérique latine et aux Caraïbes où les prix sont les plus élevés au monde, une pomme coûte autant qu’un repas complet à base de riz et de haricots.

Comment les ménages s’adaptent

Réduire la qualité nutritionnelle pour économiser

Face à la flambée des prix, les familles adoptent des stratégies de survie budgétaire. Elles achètent moins de viande, remplacent les fruits frais par des compotes industrielles, privilégient les pâtes et le pain. « Le défi n’est pas de produire suffisamment de calories mais de rendre les aliments riches en nutriments plus abordables », souligne Maximo Torero Cullen. Or, les calories bon marché proviennent souvent d’aliments ultra-transformés, riches en sel, sucre et graisses saturées. Un paquet de biscuits industriels coûte moins cher qu’un kilo de pommes, mais les conséquences sur la santé sont lourdes : obésité, diabète, maladies cardiovasculaires. Les enfants des ménages précaires paient le prix fort de cette dégradation nutritionnelle.

Basculer vers les aliments bon marché : les risques

La tentation des produits premiers prix est forte. Pourtant, le rapport qualité-prix nutritionnel est souvent désastreux. Les céréales raffinées, les huiles de mauvaise qualité et les plats préparés industriels dominent les rayons discount. Les ménages économisent quelques euros par semaine, mais hypothèquent leur capital santé à long terme. Les médecins observent une recrudescence des carences en vitamines et minéraux chez les populations précaires. Le coût social et sanitaire de cette malnutrition invisible se chiffrera en milliards d’euros dans les prochaines décennies, entre frais médicaux et perte de productivité.

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