Le 8 août 2025, les actionnaires de ThyssenKrupp AG se sont prononcés en faveur de la scission de sa filiale navale ThyssenKrupp Marine Systems (TKMS), spécialiste mondial des sous-marins et frégates. Cette décision marque une étape-clé dans la transformation du conglomérat industriel allemand, amorcée depuis plusieurs années pour gagner en agilité et en compétitivité.
Scission validée et calendrier vers la Bourse
Le conseil de surveillance avait donné son feu vert en juin 2025 pour la séparation d’une participation minoritaire de 49 % dans TKMS, avec cotation prévue à la Bourse de Francfort d’ici la fin de l’année. Selon le communiqué officiel du 20 juin 2025, « le positionnement en tant qu’entreprise cotée indépendante doit renforcer la compétitivité et les opportunités de croissance de TKMS à long terme ». La majorité de 51 % restera contrôlée par ThyssenKrupp AG, maintenant ainsi l’intégration de TKMS dans le groupe tout en ouvrant son capital au marché.
Un poids lourd du naval militaire en expansion
Prof. Siegfried Russwurm, président du conseil de surveillance, souligne que « TKMS est la preuve que l’Allemagne peut établir des standards mondiaux dans les technologies de pointe ». L’entreprise détient un carnet de commandes record d’environ 18 milliards d’euros, garantissant une activité soutenue bien au-delà de la prochaine décennie. La demande internationale, alimentée par les tensions géopolitiques et les besoins croissants en défense maritime, ouvre de nouvelles perspectives à l’export.
Objectifs stratégiques et transformation du groupe
Ce spin-off s’inscrit dans un plan plus large visant à faire de ThyssenKrupp une société holding stratégique dotée d’unités autonomes. Le groupe avait déjà adopté une démarche similaire avec l’introduction en bourse de sa filiale hydrogène ThyssenKrupp Nucera. Miguel Ángel López Borrego, PDG dont le mandat a été prolongé jusqu’en 2031, a affirmé poursuivre « avec énergie et clarté » la transformation de l’entreprise. Les autres divisions, comme Materials Services ou Automotive Technology, pourraient suivre le même chemin d’indépendance capitalistique dans les années à venir.
Une scission qui redessine l’avenir naval européen
Avec cette scission, TKMS se dote d’une autonomie financière et stratégique qui pourrait redessiner l’équilibre de l’industrie navale militaire européenne. Sa cotation prochaine à Francfort marquera une étape décisive, scrutée de près par les marchés et les chancelleries, dans un contexte où la maîtrise des capacités industrielles de défense devient un enjeu majeur.


