Titres-restaurant : ce que vous risquez si vous laissez passer février 2026

À la fin de l’hiver 2026, des millions de salariés verront leurs titres-restaurant de 2025 devenir inutilisables. Comment faire pour ne pas perdre ses tickets resto ?

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Cartes et applications de titres-restaurant : un solde visible toute l’année, mais supprimé automatiquement à l’expiration. | journaldeleconomie.fr

Les titres-restaurant émis en 2025 arrivent à expiration en février 2026. Carte ou carnet papier, cette date limite met en lumière les limites d’un dispositif largement utilisé mais encore mal maîtrisé par ses bénéficiaires, au risque d’une perte financière directe.

Titres-restaurant : une échéance qui révèle un déficit d’information

Chaque année, le même constat se répète : une part non négligeable des titres-restaurant n’est jamais utilisée. L’expiration des titres de 2025, prévue à la fin février 2026 pour les supports dématérialisés, illustre un décalage persistant entre la simplicité apparente du dispositif et la réalité de ses règles.

Selon RTL, de nombreux salariés ignorent encore que leurs titres ne sont pas valables indéfiniment. Le calendrier repose sur un principe strict de millésime : une année d’émission, une période d’utilisation limitée, puis une date couperet. Une logique juridique claire, mais rarement explicitée au moment de l’attribution des titres.

Cette méconnaissance est renforcée par la dématérialisation. Là où le carnet papier imposait une contrainte physique, la carte ou l’application mobile donne l’illusion d’un crédit permanent, jusqu’à ce que le solde disparaisse automatiquement.

Télétravail, inflation : des usages profondément modifiés

L’expiration des titres-restaurant 2025 intervient dans un contexte particulier. Le recours massif au télétravail a réduit la consommation quotidienne de repas à l’extérieur, modifiant la fonction initiale du dispositif. De plus en plus de salariés utilisent leurs titres pour des achats alimentaires en grande surface, parfois de manière irrégulière.

Le Parisien souligne que cette évolution des usages s’est accompagnée d’une accumulation progressive des soldes. Résultat : à l’approche de la date limite, certains détenteurs découvrent qu’ils disposent encore de montants importants, sans stratégie claire pour les utiliser à temps.

Dans un contexte de hausse durable des prix alimentaires, cette situation apparaît d’autant plus paradoxale. Les titres-restaurant constituent un outil de soutien indirect au pouvoir d’achat, mais leur efficacité dépend entièrement de leur consommation effective.

Papier et numérique : deux logiques, une même sanction

Les titres-restaurant n’obéissent pas tous au même calendrier selon leur format. Pour les titres papier millésimés 2025, l’utilisation en paiement chez les restaurateurs et commerçants cesse au 31 janvier 2026. À partir de cette date, ils ne sont plus acceptés en caisse. En revanche, la réglementation prévoit une possibilité d’échange : les salariés peuvent remettre leurs titres non utilisés à leur employeur, afin qu’ils soient renvoyés à l’émetteur et remplacés par des titres du nouveau millésime. Cette démarche doit impérativement être effectuée avant le 31 mars 2026.

Pour les titres-restaurant dématérialisés, le fonctionnement est plus rigide. Les cartes et applications restent utilisables jusqu’au 28 février 2026 inclus. Passée cette date, le solde correspondant aux titres de 2025 est automatiquement supprimé. Sauf dispositif de report négocié par l’employeur avec l’émetteur — une option encore marginale — aucune récupération n’est possible. Dans les deux cas, le calendrier est strict : une date dépassée entraîne une perte définitive pour le salarié.

Un dispositif avantageux, mais exigeant pour le salarié

Le succès des titres-restaurant repose sur un équilibre subtil entre souplesse d’usage et cadre réglementaire strict. L’élargissement temporaire des produits éligibles — désormais tous les aliments, y compris non immédiatement consommables — a renforcé leur attractivité. Mais cette flexibilité ne s’accompagne pas d’un allongement de leur durée de vie.

Pour le salarié, la responsabilité est donc double : suivre son solde et adapter ses habitudes de consommation. Contrairement à un salaire, les titres-restaurant ne se capitalisent pas. Ils doivent être intégrés à une gestion budgétaire active, au même titre que d’autres avantages sociaux conditionnés dans le temps.

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