34 soldats condamnés définitivement pour crimes contre l’humanité : les procureurs ont exigé leur radiation

L’Argentine prend une décision historique en radié 34 militaires condamnés pour crimes contre l’humanité.

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34 soldats condamnés définitivement pour crimes contre l'humanité : les procureurs ont exigé leur radiation
34 soldats condamnés définitivement pour crimes contre l’humanité : les procureurs ont exigé leur radiation © journaldeleconomie.fr

L’Argentine traverse une semaine de commémoration des 50 ans du coup d’État militaire de 1976. Un fait marquant remue l’actualité : 34 militaires ont été radiés de l’Armée sur l’ordre du général de division Oscar Santiago Zarich, chef de l’Armée, confirme le journal argentin La Nacion. Cette décision suit un rapport de la Procuración de Investigaciones Administrativas (PIA) et la demande explicite des procureurs, après des condamnations fermes pour des crimes contre l’humanité.

La décision du chef de l’armée

Dans ce nettoyage interne, le général Oscar Santiago Zarich a ordonné la radiation de ces militaires reconnus coupables de crimes principalement commis pendant la dictature militaire en Argentine. Précédée d’un rapport détaillé de la PIA, cette mesure vise à aligner les règles de l’institution militaire avec les obligations légales en matière de droits de l’homme. Les intéressés perdent non seulement leur statut, mais voient aussi leur retraite et leur couverture sociale suspendues. Cette radiation répond au manque d’une démarche coordonnée de l’État pour traiter ces condamnations pénales. Sergio Leonardo Rodríguez, directeur de la PIA, insiste sur la nécessité d’une application rigoureuse des conséquences juridiques.

Retour sur les précédents

La mesure arrive après un examen de la PIA qui avait initialement repéré 78 membres des forces armées et de sécurité non encore radiés malgré leurs condamnations définitives. La situation découle aussi d’une action antérieure début 2025, ordonnée par Luis Petri, ancien ministre de la Défense, qui avait déjà provoqué la radiation de 23 militaires.

Ces efforts pour purifier les rangs de l’Armée de ces personnes traduisent une tentative de respecter les engagements internationaux du pays en matière de droits humains. Le rapport pointe toutefois des « réticences institutionnelles » qui freinent encore le processus administratif de radiation, aggravées par l’absence de registres cohérents.

Qui sont les militaires radiés

Ces 34 militaires, parmi lesquels des lieutenants-colonels comme Juan Daniel Amelong, des commandants tels que Gustavo Adolfo Alsina et des capitaines comme Enrique José Berthier, vont devoir répondre de leurs actes devant l’histoire. Amelong, en particulier, a été condamné à sept reprises, dont trois peines à perpétuité. L’objectif de cette démarche est aussi une révision profonde des pratiques internes et la mise en avant d’une armée conforme aux principes des droits de l’homme.

Réactions et débat public

La décision suscite des débats. Des familles et certains groupes dénoncent une vengeance politique. Sur le plan politique, Victoria Villarruel, présidente du Sénat et candidate à la vice-présidence lors du débat de novembre 2023, a pointé l’absence de poursuites contre les responsables du meurtre de son père, assassiné par les Montoneros en 1974. Cette question relance les inquiétudes sur une justice qui serait sélective pour les crimes du passé.

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