Une querelle inattendue oppose depuis plusieurs mois la SNCF à Technis SA, une startup suisse spécialisée dans la gestion des flux et la digitalisation des espaces. Au cœur de cette controverse, l’utilisation par la SNCF du nom « Technis » pour l’une de ses nouvelles entités, un choix que la startup considère comme une atteinte à sa dénomination sociale.
Un conflit né d’une réorganisation stratégique de la SNCF
En novembre 2024, la SNCF a officialisé la dissolution de Fret SNCF, sa filiale dédiée au transport de marchandises, conformément à un plan imposé par la Commission européenne. Cette restructuration s’est traduite par la création de deux nouvelles entités : Hexafret, pour le transport, et Technis, pour la maintenance des locomotives. Ce dernier nom, cependant, appartient déjà à Technis SA, une entreprise lausannoise qui l’a déposé en 2016.
Le PDG de Technis SA, Wiktor Bourée, explique avoir été pris de court par cette annonce : « Cela fait plus de huit ans que je travaille d’arrache pieds avec une équipe ultra motivée pour faire de Technis un nom qui compte, il est donc hors de question que je laisse tomber et il est inacceptable que le Groupe SNCF s’approprie ce qui nous appartient. » Dès novembre 2024, Technis a adressé une mise en demeure à la SNCF, espérant résoudre le problème à l’amiable. Pourtant, le 20 novembre, le groupe ferroviaire a confirmé son choix en publiant officiellement la dénomination « Technis ».
Technis souffre de la mauvaise image du transporteur
Selon Technis SA, l’usage de son nom par la SNCF a des répercussions immédiates. Le communiqué de l’entreprise suisse souligne que « le parasitage de dénomination sociale a noyé le référencement en ligne et semé la confusion auprès de nos partenaires commerciaux et clients. » Certains, croyant que Technis était désormais affiliée aux controverses sociales entourant la restructuration de Fret SNCF, ont exprimé leur désarroi. Par ailleurs, l’entreprise suisse évoque un courriel envoyé par la SNCF à ses fournisseurs, annonçant que Technis serait désormais une entité commerciale officielle du groupe. Une action perçue comme un acte de plus dans une stratégie visant à légitimer le choix du nom.
Face à cette situation, Technis SA a engagé des procédures judiciaires en France et en Suisse pour faire valoir ses droits. L’entreprise accuse la SNCF de parasitage de dénomination sociale, un acte qui pourrait être sanctionné par les tribunaux.
La suite de cette affaire sera scrutée de près, tant par les observateurs du monde économique que par les acteurs concernés par la protection des marques. Si Technis parvient à obtenir gain de cause, cela pourrait établir un précédent pour les startups cherchant à préserver leur identité.

