Les escroqueries aux faux virements explosent. Des fraudeurs usurpent des identités, falsifient des coordonnées bancaires et piègent des milliers de consommateurs chaque année. Devant cette menace, le gouvernement envisage un outil inédit : un fichier national des IBAN frauduleux. Son but ? Empêcher que l’argent des particuliers et des entreprises ne disparaisse dans les méandres de comptes douteux.
Faux IBAN : Un dispositif inédit pour bloquer les arnaques bancaires
L’idée est simple : centraliser, à l’échelle nationale, la liste des comptes bancaires identifiés comme suspects. Aujourd’hui, lorsqu’un consommateur est victime d’un virement frauduleux, il est souvent trop tard. L’argent a déjà quitté son compte et les banques peinent à récupérer les fonds. Avec ce fichier, les établissements financiers disposeront d’une base commune pour détecter les arnaques avant qu’elles ne se produisent.
Concrètement, dès qu’une fraude est signalée, l’IBAN concerné pourra être ajouté à cette base qui sera gérée par la Banque de France, selon les explications données par le député Daniel Labaronne auprès des Echos. Si un client tente d’envoyer de l’argent vers l’un de ces comptes, la banque pourra immédiatement bloquer la transaction ou au moins alerter le consommateur du risque.
Ce qui change pour les consommateurs et les entreprises
L’un des grands enjeux de ce fichier est d’éviter les virements vers des comptes frauduleux. Jusqu’à présent, lorsqu’un particulier recevait une facture avec un IBAN erroné ou trafiqué, il n’avait aucun moyen de savoir qu’il allait envoyer son argent à un escroc. Si le projet de loi est adopté, une alerte apparaîtra alors, permettant à la potentielle victime de mettre un terme à l’arnaque.
Ce serait un véritable bouleversement majeur pour la protection des ménages. Chaque année, des milliers de particuliers sont victimes de faux ordres de virement. Le schéma est souvent le même : un faux conseiller bancaire, un mail imitant parfaitement une institution officielle ou un professionnel contacté pour des travaux qui transmet des coordonnées falsifiées. Une fois le virement effectué, l’argent est généralement retiré ou transféré à l’étranger en quelques heures. Et l’IBAN est central dans ces arnaques représentant près de 48% des fraudes identifiées.
Les entreprises sont, elles, la cible de fraudes au président, où des escrocs se font passer pour des dirigeants afin d’ordonner des virements d’urgence vers des comptes frauduleux. Avec un tel fichier, ces manœuvres deviendront bien plus complexes pour les arnaqueurs, puisque les banques auront un moyen immédiat de repérer les destinataires douteux.
Un outil efficace… mais attention aux risques d’erreurs
L’objectif de ce projet de loi qui sera discuté en 2025 est donc de réduire drastiquement les arnaques aux virements. Ce fichier pourrait permettre d’économiser des centaines de millions d’euros chaque année en empêchant les paiements frauduleux avant qu’ils ne soient effectués. Il s’inscrit aussi dans une tendance plus large de sécurisation des transactions, notamment avec le développement des vérifications renforcées dans les paiements en ligne.
Toutefois, certaines questions restent en suspens. Les banques auront-elles l’obligation de consulter ce fichier avant chaque transaction ? Comment éviter que des IBAN soient injustement blacklistés ? Le consommateur pourra-t-il contester un blocage injustifié ? Autant de points qui devront être éclaircis avant que le système ne devienne pleinement opérationnel.

