Allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) : ces seniors basculeront dans le régime général dès le 1er avril 2025 !

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Le malaise professionnel progresse chez les actifs en poste, en particulier avant 55 ans. | journaldeleconomie.fr

L’entrée en vigueur progressive des textes liés à la réforme des retraites de 2023 entraîne une révision des règles de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE). À compter du 1er avril 2025, les seuils d’âge donnant accès à un régime d’indemnisation spécifique pour les demandeurs d’emploi seniors seront relevés de deux ans.

Durée d’indemnisation et calcul modifiés

À partir du 1er avril 2025, les personnes âgées de 53 ou 54 ans ne bénéficieront plus des conditions spécifiques de l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) jusqu’alors applicables à cette tranche d’âge. Les seuils permettant d’accéder à une durée d’indemnisation prolongée ou à un calcul plus favorable seront désormais réservés aux demandeurs d’emploi âgés de 55 ans ou plus.

Jusqu’à présent, ces droits renforcés incluaient une durée maximale de 22,5 mois d’indemnisation à partir de 53 ans, et de 27 mois à partir de 55 ans. Désormais, les 53-54 ans seront alignés sur le régime commun, avec une durée plafonnée à 18 mois. D’autre part, le calcul de l’ARE, auparavant basé sur les 36 derniers mois de salaire dès 53 ans, ne s’appliquera plus qu’à partir de 55 ans. En-deçà, le calcul s’effectuera sur 24 mois.

Enfin, la règle de dégressivité de l’ARE, qui prévoit une réduction de 30 % du montant de l’allocation à partir du 7e mois d’indemnisation pour les demandeurs d’emploi percevant plus de 92,12 euros par jour, change. À compter du 1er avril 2025, les allocataires âgés de 55 ans ou plus seront exonérés de cette baisse, contre 57 ans auparavant.

Quel impact social ?

Cette évolution de l’ARE pour les seniors découle directement du relèvement de l’âge légal de départ à la retraite à 64 ans, acté par la réforme des retraites de 2023. En harmonisant les seuils entre retraite et assurance chômage, l’exécutif entend adapter les régimes de protection sociale à une durée de carrière allongée. Mais cette cohérence structurelle se fait sans filet de sécurité. Aucune mesure transitoire n’a été mise en place pour accompagner les demandeurs d’emploi de 53 et 54 ans, qui basculeront dès le 1er avril 2025 dans le régime général. Résultat : leurs droits à l’ARE seront mécaniquement réduits, tant en durée qu’en montant.

Dans ce contexte, le recul des avantages spécifiques accordés aux seniors pourrait accroître les tensions sociales autour de leur place sur le marché de l’emploi. Ces travailleurs font déjà face à des difficultés accrues de réinsertion professionnelle. En d’autre terme, la réforme de l’ARE risque de renforcer le sentiment d’exclusion chez les plus de 50 ans, dont l’employabilité reste plus fragile que la moyenne.

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