Industrie chimique : 47 sites menacés en France

La montée des tensions commerciales entre Washington et Pékin a conduit à la mise en place de droits de douane élevés sur de nombreuses catégories de produits, dont les substances chimiques.

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La production industrielle baisse en juin
Industrie chimique : 47 sites menacés en France © journaldeleconomie.fr

Le 16 avril 2025, France Chimie a présenté un état des lieux préoccupant de l’industrie chimique nationale. Selon l’organisation, 47 sites industriels implantés en France sont directement menacés de fermeture. En cause : les répercussions de la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, qui provoque un afflux massif de produits chimiques à bas coût sur le marché européen.

Une pression concurrentielle accentuée par les droits de douane sino-américains

La montée des tensions commerciales entre Washington et Pékin a conduit à la mise en place de droits de douane élevés sur de nombreuses catégories de produits, dont les substances chimiques. Pour éviter ces barrières tarifaires, les entreprises chinoises et américaines cherchent à réorienter leurs flux d’exportation vers d’autres marchés, au premier rang desquels figure l’Union européenne.

L’association France Chimie estime qu’entre 15 et 30 milliards d’euros de produits chimiques — dont 10 à 20 milliards d’euros en provenance de Chine et 5 à 10 milliards des États-Unis — pourraient affluer vers l’Europe dans les mois à venir. Cette situation menace l’équilibre économique des producteurs européens, confrontés à des prix de vente très inférieurs à leurs coûts de revient.

47 usines françaises concernées, jusqu’à 20 000 emplois en jeu

Dans ce contexte, 47 usines implantées sur le territoire français sont considérées comme vulnérables. Ces sites, pour la plupart spécialisés dans la chimie de base (solvants, acides, polymères, etc.), sont exposés à un double phénomène : la baisse continue de la demande industrielle en Europe et la pression croissante de la concurrence extracommunautaire.

Le président de France Chimie, Frédéric Gauchet, a rappelé lors de l’assemblée générale de l’organisation que cette évolution pourrait entraîner la suppression de 15 000 à 20 000 emplois directs en France, dévoile Connaissance des Energies. À l’échelle européenne, le nombre total d’emplois menacés est estimé entre 150 000 et 200 000.

Une compétitivité fragilisée pour la chimie européenne

L’organisation professionnelle souligne également que la filière est fragilisée par des surcapacités mondiales, des coûts énergétiques plus élevés en Europe, une charge réglementaire jugée lourde et une fiscalité jugée moins attractive que celle de ses concurrents internationaux. En 2024, le taux d’utilisation des capacités de production dans la chimie européenne est resté inférieur à 80 %, un niveau qui ne permet pas d’assurer la rentabilité économique de nombreux sites.

Certains segments sont particulièrement exposés. France Chimie cite notamment la production d’acide nitrique, aujourd’hui considérée comme potentiellement non viable sur le long terme sans soutien spécifique ou rééquilibrage concurrentiel.

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