Le samedi 3 mai, un entretien a révélé que le gouvernement français planche sur l’idée de mettre au vote un plan audacieux de refonte de l’État et de ses dépenses. Une expérience jamais tentée sous la Ve République qui pourrait changer la manière dont les décisions budgétaires se prennent en France. Face à une situation économique compliquée, ce projet vise à diminuer nettement le déficit public et à dégager des économies importantes.
Un climat budgétaire tendu
La France fait face à de sérieux défis économiques. Le gouvernement a pour objectif d’économiser budget 2026 afin de faire passer le déficit public de 5,4 % du PIB en 2025 à 4,6 % en 2026. Sous le mandat d’Emmanuel Macron, ce déficit se situait autour de 7 %. La nécessité de réduire la dette publique se fait sentir (pensez à un service de la dette qui frôle les 100 milliards d’euros par an, autant que les budgets combinés de l’Éducation nationale et de la Défense), car la situation pourrait se détériorer dans trois ou quatre ans.
Un projet de réforme ambitieux
Le Premier ministre affirme que « la question est assez grave » pour être directement soumise aux citoyens. Ce plan demandera un effort collectif et l’adhésion du peuple français. François Bayrou dénonce, dans une interview, ce qu’il qualifie de « méthode de l’artichaut » et réclame un plan limpide avec des propositions claires.
- La suppression de l’abattement fiscal des retraités
- La pérennisation des contributions des foyers aisés et des entreprises florissantes
- La suppression de certaines agences étatiques
Ces changements veulent non seulement réduire les dépenses publiques, mais aussi favoriser une production plus dynamique en France.
Des référendums, une nouvelle manière de décider ?
Les deux mandats d’Emmanuel Macron ont vu plusieurs tentatives de référendum sans qu’aucune n’aboutisse concrètement. Toutefois, il a fait part de son souhait de consulter directement les citoyens sur certains « sujets déterminants » en 2025. L’idée de soumettre le plan de réforme budgétaire au référendum pourrait ainsi être une première sous son mandat.
François Bayrou insiste sur l’importance d’une consultation populaire pour mener à bien les réformes annoncées. Selon lui, « il faut un plan complet de retour à l’équilibre » et il ajoute que « la baisse des effectifs de la fonction publique et des collectivités locales est possible et salutaire ».
Les défis économiques et sociaux
La France se trouve devant deux défis majeurs : une production insuffisante et une dette écrasante. Si le pays produisait autant par habitant que l’Allemagne ou les Pays-Bas, les salaires pourraient être 10 à 20 % plus élevés. Même si la France se distingue dans certaines industries comme la haute technologie, il lui faut mettre en place une stratégie pour réindustrialisation d’autres secteurs de production.
François Bayrou s’oppose fermement à l’idée d’imposer de nouveaux impôts pour régler les difficultés budgétaires actuelles. Il rejette aussi les propositions fiscales avancées par François Rebsamen ou Amélie de Montchalin, tout en proposant une réforme de l’épargne.


