Chômage au premier trimestre 2025 : jeunes, femmes, seniors… qui sont les plus touchés ?

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Chômage au premier trimestre 2025 : jeunes, femmes, seniors… qui sont les plus touchés ? | journaldeleconomie.fr

Un petit +0,1 point peut parfois vouloir dire beaucoup. Surtout quand il s’agit du taux de chômage. L’Insee l’a annoncé : au premier trimestre 2025, la France compte 64 000 chômeurs de plus. Résultat, le taux passe de 7,3 % à 7,4 %. Ce n’est pas un effondrement. Mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle non plus.

Chômage : 2,4 millions de personnes sans emploi

C’est simple : 2 400 000 personnes en France métropolitaine (hors Mayotte) sont officiellement sans travail. Elles sont immédiatement disponibles et en recherche active, selon la définition du Bureau international du travail (BIT). Ce chiffre est en hausse par rapport à la fin 2024, où l’on en comptait 2 336 000.
La progression peut sembler minime : +0,1 point sur le trimestre. Mais elle vient casser la dynamique. Car sur un an, le taux de chômage est quasiment stable : -0,1 point, puisqu’il était à 7,5 % au début de 2024. Autrement dit, on stagne.

Dans les chiffres, les 15-24 ans restent la catégorie la plus exposée. Leur taux de chômage atteint 19,2 % au premier trimestre 2025. C’est +0,1 point par rapport au trimestre précédent, et surtout +1,1 point sur un an.
Les 25-49 ans s’en sortent un peu mieux : 6,7 %, stable (+0,1 sur le trimestre, -0,1 sur un an). Chez les seniors (50 ans et plus), c’est 4,7 %, sans changement depuis décembre. Mais là encore, le recul annuel de -0,3 point n’efface pas le doute.
Quant à l’écart entre femmes et hommes, il s’est resserré… pour de mauvaises raisons. Le taux de chômage des femmesprogresse de 0,3 point, à 7,4 %, et rejoint celui des hommes, qui lui reste quasiment stable (-0,1 point).

Emploi salarié : une croissance au ralenti

Il y a aussi ceux qu’on ne compte pas comme chômeurs, mais qui restent en marge du marché du travail : ils sont 1,9 million, dans ce que l’Insee appelle le halo du chômage. Ces personnes ne sont pas disponibles immédiatement ou ne recherchent pas activement un emploi.
Bonne nouvelle ici : ce halo diminue de 0,3 point, à 4,3 %, après avoir augmenté de la même valeur fin 2024. Cela montre que certains reviennent vers le marché de l’emploi. Mais ça ne suffit pas à compenser les autres chiffres.

Pourquoi cette hausse ? L’Insee évoque un contexte économique tendu. Les droits de douane imposés par les États-Unis ont perturbé les échanges, gelé des projets, refroidi les employeurs. L’incertitude plane toujours sur l’issue de la trêve commerciale entre Washington et Pékin.
De son côté, Emmanuel Macron défend son bilan. Le 13 mai 2025, il rappelait sur TF1 lors de sa grande et longue interview que le taux de chômage est passé de 9,4 % en 2017 à 7,3 % fin 2024. Une baisse réelle, mais dont la tendance actuelle pourrait fragiliser le récit. D’autant que l’Insee anticipait déjà un taux de 7,6 % mi-2025.

L’emploi salarié privé, lui, n’a presque pas bougé. Entre janvier et mars 2025, 9 500 postes ont été créés dans le secteur privé. C’est peu, mais c’est toujours positif. Le taux d’emploi (part des 15-64 ans en activité) atteint 69,5 %, un record depuis 1975.
Mais la dynamique ralentit. Les intentions d’embauche sont en baisse, comme l’indiquait France Travail. Thibaut Guilluy, son directeur général, estime à BFMTV, malgré tout que « la dynamique sur l’emploi reste quand même assez forte ».

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