La cerise, ce petit fruit rouge et juteux qu’on adore, cache bien ses secrets en matière de production et de vente. En 2022, la France a produit 37.829 tonnes de cerises, avec le Vaucluse qui mène la danse. Pourtant, derrière ce joli chiffre se profilent des galères liées aux frais de production, aux aléas de la météo et à la compétition sur le marché.
La cueillette : un boulot de précision
Cueillir les cerises, c’est pas une mince affaire : cela demande une vraie méthode. Les cueilleurs doivent repasser plusieurs fois dans les vergers parce qu’elles ne mûrissent pas toutes en même temps. Il faut les ramasser quand elles sont bien mures, car elles ne continueront pas à se bonifier une fois détachées. En plus, il faut y aller mollo pour ne pas abîmer ni le fruit ni le bourgeon qui donnera l’année suivante. D’ailleurs, laisser la queue sur la cerise aide à éviter l’apparition de champignons ou de moisissures.
Ce travail minutieux représente environ 60% du coût d’une cerise, puisque le salaire des cueilleurs représente une part importante du prix final payé par les consommateurs.
Les pièces et les pépins : compter la facture
Les tarifs des cerises varient pas mal selon leur taille et leur provenance. Un kilo peut coûter entre 8 et 10 euros, mais certaines variétés peuvent atteindre jusqu’à 14 euros le kilo. Dès qu’on voit des prix au-delà de 15 euros, il faut vraiment se poser la question du budget avant d’acheter. Pour tenter d’avoir plus pour son argent, certains se tournent vers les cerises espagnoles.
Deux facteurs expliquent en grande partie cette hausse des tarifs : le dérèglement météorologique, qui oblige les producteurs à investir dans des protections contre la grêle et la sécheresse, et les prix élevés des produits frais pratiqués par la grande distribution.
S’adapter aux caprices du climat
Face à un temps qui ne fait jamais long feu, nombreux sont les producteurs qui se mettent en quête de solutions pour protéger leurs vergers. C’est le cas de Franck Chaverot, interrogé par TF1, qui a investi environ 1,5 million d’euros depuis 2020 pour mettre ses cultures à l’abri. Grâce à ces équipements, il a pu limiter les pertes causées par les intempéries : sans protection, 60% des cerises auraient été perdues, contre seulement 5% avec l’installation de ces protections.
Naturellement, ces investissements se répercutent sur le prix : Franck a dû augmenter son tarif de vente au kilo de 1,50 euro pour compenser ces dépenses liées à un temps qui se fait de plus en plus capricieux.
Les marges en magasin et la concurrence internationale
Les enseignes n’hésitent pas à majorer le prix des cerises pour compenser soit les pertes dues aux vols, soit les invendus qui finissent par se détériorer. Cette stratégie se ressent directement sur le montant que vous payez en boutique.
En parallèle, la concurrence internationale joue aussi un rôle non négligeable dans ce casse-tête économique. Un client a d’ailleurs expliqué : « Si on veut un produit à un prix qui soit intéressant, on est obligé de prendre des produits espagnols. »




Pourtant cette année comme souvent des cerises ils y en a plein les cerisiers. Et même ceux à l’abandon sans traitement chimique.