Arrêtez d’investir dans l’or et misez tout sur ce nouveau produit qui rapporte gros

En 2024, le cacao équatorien a dépassé les revenus miniers, générant 3,6 milliards de dollars.

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Arrêtez d'investir dans l'or et misez tout sur ce nouveau produit qui rapporte gros
Arrêtez d’investir dans l’or et misez tout sur ce nouveau produit qui rapporte gros © journaldeleconomie.fr

En 2024, l’Équateur a vu son économie se métamorphoser grâce à une ressource naturelle surprenante : le cacao. Alors que le pays andin se reposait traditionnellement sur l’exploitation minière, il a trouvé dans cette fève précieuse un véritable tremplin économique. Cette évolution chamboule non seulement les échanges internationaux, mais transforme aussi la vie quotidienne des producteurs locaux qui voient désormais leurs perspectives s’ouvrir grand.

Une économie revisitée par le cacao

Historiquement, l’économie équatorienne tirait sa force de l’exploitation de ses ressources naturelles. Mais dès 2024, les recettes générées par le cacao ont dépassé celles des mines pour atteindre 3,6 milliards de dollars. Ce montant excède de 600 millions de dollars les revenus issus de l’exploitation minière, incluant l’or et l’argent. Cette reconversion tient principalement à la flambée des prix du cacao sur le marché international.

Les tarifs ont littéralement explosé, avec un quintal (100 kg) qui se vend aujourd’hui à 350 dollars, comparé à environ 100 dollars auparavant. La tonne de cacao a culminé à 12.000 dollars en octobre 2024, en hausse par rapport aux 9.000 dollars du début de l’année dernière. Vers la fin de 2024, elle avoisinait les 13.000 dollars, portée par une demande mondiale en forte progression, notamment en Asie et au Moyen-Orient.

Des producteurs équatoriens qui profitent du renouveau

La montée en flèche des prix a directement bénéficié aux producteurs équatoriens. Cergio Lema, 50 ans, voit dans cette aubaine une chance de grandir : « Avant, le prix du cacao était trop bas, on peinait à entretenir la ferme, mais aujourd’hui, je pense mettre de l’argent de côté, décrocher un crédit et même acheter un nouveau terrain. » Benjamin Rosales, qui gère une exploitation de 100 hectares, se réjouit lui aussi de ces tarifs attractifs. Marco Vasquez, dans la province de Los Rios, a pu moderniser sa ferme : « Avec les anciens prix, investir n’était pas envisageable. »

Sur le plan des exportations, entre septembre et mars derniers, le cacao a généré 2,9 milliards de dollars, dépassant pour la première fois en soixante ans les recettes de la banane, le produit historique des exportations équatoriennes.

Des investissements et quelques défis à relever

L’Équateur est reconnu comme le premier exportateur mondial de cacao « fin et aromatique », avec la variété Arriba particulièrement prisée pour son goût raffiné. Néanmoins, environ 90% de la production reste issue du CCN-51, une variété robuste face aux ravageurs. Ivan Ontaneda, président de l’Anecacao, rappelle que ce succès résulte de nombreuses années d’investissements privés et de recherches visant à développer une variété résistante.

Toutefois, ce boom n’est pas sans soucis. La hausse des prix a provoqué une multiplication presque par quatre des cas d’extorsion entre 2022 et 2024, sans oublier la pression sur les forêts locales liée à l’expansion des plantations. Même si la Commission européenne n’a pas encore placé l’Équateur sur la liste des pays à risque pour la déforestation, cette problématique demeure préoccupante.

De belles perspectives malgré les défis

Pour de nombreux agriculteurs équatoriens, qui, grâce au cacao, ont vu leurs revenus tripler en quelques années seulement, cette évolution représente une véritable bouffée d’air frais d’un point de vue économique. L’association UFC-Que Choisir a même relevé une hausse des prix du chocolat dans les grandes surfaces françaises à l’occasion de Pâques, montrant bien que ces changements se font sentir bien au-delà des frontières de l’Équateur.

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