Le 16 juillet 2025, l’UFC-Que Choisir a publié une étude choc dénonçant le flou persistant autour de la composition des produits dans les fast-foods. Malgré des engagements anciens et une législation de plus en plus stricte, la transparence des informations liées aux allergènes, aux additifs ou au nutri-score reste largement insuffisante chez des enseignes telles que McDonald’s, Burger King, KFC ou Quick. Dans un contexte de sensibilisation croissante à l’alimentation et à la santé publique, ces lacunes interpellent.
Un niveau de transparence très disparate dans les chaînes de fast-food
L’enquête de l’UFC-Que Choisir révèle que la majorité des chaînes de restauration rapide ne fournissent pas les informations essentielles sur leurs produits de manière accessible, fiable ou exhaustive. Sur huit enseignes étudiées, seules deux – Pokawa et Subway – présentent un tableau complet et détaillé de la composition de leurs recettes, consultable facilement en ligne ou en restaurant. À l’inverse, McDonald’s, Burger King, KFC et Quick brillent par un manque de clarté, une navigation web laborieuse et l’absence de documents synthétiques disponibles.
L’association déplore notamment l’opacité sur les additifs utilisés dans les produits servis. Selon l’étude, « plus de 60 % des additifs détectés dans les menus des grandes chaînes n’ont pas été explicitement mentionnés dans les fiches accessibles aux consommateurs ». Cette omission empêche les clients d’évaluer la qualité nutritionnelle réelle de leur repas, voire d’éviter certains ingrédients controversés.
Santé : des additifs controversés passés sous silence
Parmi les substances identifiées dans l’étude, plusieurs sont pointées pour leurs risques toxicologiques ou allergènes : les phosphates, les nitrites, le dioxyde de silicium ou encore les polyphosphates sont présents dans des proportions préoccupantes. Quick et KFC se distinguent négativement, cumulant le plus grand nombre d’additifs classés « à éviter » par l’UFC. En face, Subway et Pokawa apparaissent comme les seuls acteurs limitant drastiquement le recours à ces substances dans leurs recettes. L’étude dénonce également l’usage d’arguments marketing flous voire trompeurs : des appellations comme « naturel », « fait maison » ou « équilibré » sont utilisées sans justification tangible, alors même que certains produits intègrent plus de dix ingrédients ultra-transformés.
Face à ces constats, l’UFC-Que Choisir interpelle les pouvoirs publics : elle demande la mise en place d’une obligation légale de publication claire et exhaustive de la composition des produits alimentaires, sous format standardisé et facilement accessible au consommateur. L’association exige notamment que les fiches ingrédientaires :
- comportent le détail des additifs, allergènes et nutriments ;
- indiquent la présence d’ingrédients ultra-transformés ;
- soient affichées en point de vente, et non uniquement en ligne.
Parallèlement, l’association invite les consommateurs à faire preuve de vigilance accrue, en consultant les informations disponibles lorsqu’elles existent, et en évitant les enseignes les moins transparentes. Elle met à disposition un tableau comparatif interactif sur son site, permettant d’évaluer le niveau d’information nutritionnelle proposé par chaque chaîne.
Si le secteur du fast-food affirme avoir « fait des efforts » ces dernières années, les preuves concrètes manquent. L’absence de cohérence entre les différents supports (site web, borne, affichage) et le manque de standardisation des formats d’information entretiennent la confusion. Et pourtant, l’alimentation hors domicile représente désormais près de 30 % des repas consommés en France, selon l’étude.

