C’est désormais officiel : à compter du 1er août 2025, le taux du Livret A passera de 2,4 % à 1,7 %. Cette décision, annoncée par le gouvernement sur recommandation de la Banque de France, marque la deuxième baisse consécutive de l’année. Elle découle de l’application automatique de la formule réglementaire, fondée sur le niveau moyen de l’inflation hors tabac (estimée à 0,88 %) et les taux interbancaires à court terme.
Le rendement du Livret A en chute libre
Concrètement, cette baisse de taux signifie une perte de rendement significative pour les épargnants. Un Livret A affichant un solde de 5 000 euros rapportait jusqu’ici 120 euros d’intérêts par an. À partir du mois prochain, il ne générera plus que 85 euros, soit 35 euros de moins. Pour un épargnant ayant atteint le plafond de dépôt (22 950 euros), la différence annuelle atteindra près de 160 euros. Ce manque à gagner est d’autant plus sensible pour les foyers qui ont également rempli leur LDDS, lui aussi concerné par cette baisse, puisque ce livret suit exactement le même taux. Un ménage disposant des deux livrets au plafond verra donc sa rémunération chuter de plus de 270 euros sur un an par rapport au début 2025.
Face à cette baisse, de nombreux épargnants se posent une question simple : doivent-ils envisager d’autres solutions ? Pour ceux qui souhaitent conserver une épargne sécurisée, totalement disponible et exonérée d’impôts, le Livret A reste un outil utile malgré tout. Toutefois, pour les personnes modestes, le Livret d’Épargne Populaire (LEP) devient clairement plus attractif. Avec un taux en baisse mais maintenu à 2,7 % au 1er août, il offre une meilleure rémunération. Encore faut-il y être éligible : pour cela, les ressources fiscales de référence ne doivent pas dépasser 22 283 euros pour une personne seule, ou 35 013 euros pour un couple. Beaucoup de Français ignorent qu’ils peuvent y prétendre, alors qu’ils remplissent les conditions.
Comment améliorer la rentabilité de l’épargne ?
Pour ceux qui recherchent davantage de rentabilité, des solutions existent, mais nécessitent une analyse plus fine. L’assurance-vie, notamment en fonds euros, peut offrir un rendement légèrement supérieur. Les comptes à terme ou les livrets bancaires promotionnels constituent également des alternatives. Enfin, l’investissement dans des produits à moyen ou long terme comme les SCPI, les obligations d’entreprises ou les unités de compte peut être envisagé, mais implique un niveau de risque et une durée de placement plus contraignants.
Au-delà du rendement individuel, il est utile de rappeler que les fonds placés sur le Livret A et le LDDS servent à financer des projets publics essentiels. Plus de 600 milliards d’euros y sont aujourd’hui déposés. Une partie est gérée par la Caisse des Dépôts pour soutenir le logement social, la rénovation urbaine, la transition énergétique et, depuis peu, le nucléaire civil. Ce rôle stratégique explique aussi la volonté des autorités de contenir le coût de cette épargne pour l’État.


