Fin du remboursement des cures thermales ? Ce qui pourrait bientôt changer pour des milliers de patients

Les cures thermales, essentielles pour des milliers de patients, pourraient voir leur remboursement réduit.

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Fin du remboursement des cures thermales ? Ce qui pourrait bientôt changer pour des milliers de patients
Fin du remboursement des cures thermales ? Ce qui pourrait bientôt changer pour des milliers de patients © journaldeleconomie.fr

L’Assurance maladie française se retrouve face à un sacré défi : réduire son déficit tout en continuant à offrir des soins de qualité. Dans la foulée, le gouvernement veut économiser cinq milliards d’euros sur le budget de la Sécurité sociale. Pour ça, les cures thermales se retrouvent sous les projecteurs. En 2023, elles ont coûté 250 millions d’euros à la Sécu, ce qui relance le débat sur leur efficacité et leur mode de remboursement.

Des économies à trouver

Avec un déficit de la Sécurité sociale qui pourrait atteindre 16 milliards d’euros en 2025 puis 41 milliards d’euros en 2030, l’Assurance maladie a pondu 60 propositions pour tenter de combler le trou financier. La Cour des Comptes, dans un rapport sorti en avril dernier, a aussi suggéré plusieurs mesures pour alléger les dépenses de la Sécurité sociale. Parmi ces idées, figure une baisse du remboursement des cures thermales.

Aujourd’hui, les cures thermales – prescrites pour soigner des affections comme les rhumatismes ou certaines maladies de la peau – sont prises en charge à hauteur des deux tiers par la Sécu. Et dans certains cas d’affection longue durée (ALD), ce remboursement peut même atteindre 100 %. La Cnam préconise toutefois qu’on n’accorde plus ce remboursement complet pour des prestations dont l’efficacité scientifique est mise en doute, une approche qui rappelle la modulation des remboursements en fonction des revenus.

Ce que ça rapporte et ses retombées

Le secteur thermal français est plutôt imposant, avec plus de 100 établissements répartis dans 88 stations thermales, surtout en Occitanie, Auvergne-Rhône-Alpes et Nouvelle-Aquitaine. En 2024, près de 472 250 patients ont profité d’une cure conventionnée. Ce domaine génère environ 7 000 emplois directs non délocalisables, amenant 450 millions d’euros de recettes directes et jusqu’à 4 milliards d’euros de recettes induites.

La possible baisse du remboursement inquiète aussi bien les curistes que les commerçants du coin. Par exemple, Collin Vuillemard, restaurateur, confie à Franceinfo que « 30 % de son chiffre d’affaires dépend des curistes, » tandis que Philippe Gaugirand, directeur d’hôtel, estime que ces derniers représentent entre « 60 et 70 % de son chiffre d’affaires. » À Enghien-les-Bains, Céline Meglioli redoute que la réduction du remboursement ne signifie « la fin » de leur activité.

Des avis bien contrastés

Les réactions à ces propositions ne manquent pas de variété. Un groupe de travail à l’Assemblée Nationale est en train d’examiner ces suggestions. Denis Fégné, député socialiste des Hautes-Pyrénées, rappelle que le thermalisme ne représente que « 0,13 % du budget de la Sécurité sociale. » Pour beaucoup de curistes, ces cures sont perçues comme indispensables pour leur santé plutôt que comme un simple luxe ou un moment de détente.

Eric Chavane, directeur du bain thermal de Luxeuil-les-Bains, n’est pas en phase avec l’idée de chercher des économies dans ce secteur : « On se trompe de combat… ce n’est pas là qu’il faut faire des économies pour la Sécurité sociale. » Le professeur André Grimaldi va même jusqu’à qualifier la proposition de la Cour des Comptes de « supercherie. »

Penser l’avenir du thermalisme

Le débat se poursuit sur la question de l’efficacité scientifique et du mode de financement des cures thermales, dans un contexte où la fin du remboursement généralisé des tests Covid-19 a déjà été mise en œuvre. Il est évident que chaque décision prise touchera de près les économies locales et le bien-être des patients. Ancrées dans la tradition de plusieurs régions françaises, ces cures jouent un rôle majeur dans l’activité économique locale.

1 réflexion au sujet de « Fin du remboursement des cures thermales ? Ce qui pourrait bientôt changer pour des milliers de patients »

  1. Je crois que dans les autres pays les cures thermales durent 15 jours il me semble qu’il y à longtemps une etude avait été menée à la demande de la Ss et la conclusion avait été positive pour 15 jours mais à l’époque face à la levée de bouclier des hôteliers et autres l’état avait renoncé peut être faudrait’il y repenser 3 semaines c’est très long! !…..

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