Lundi 18 août 2025, la canicule se poursuit encore dans plusieurs régions françaises. Au-delà du thermomètre, la canicule devient un sujet d’économie réelle, car elle pèse sur l’activité et la croissance via des mécanismes bien documentés. D’une part, la canicule abat la productivité et réduit les heures travaillées ; d’autre part, elle accroît la chaleur dans les villes, pousse la demande d’électricité et fragilise certaines infrastructures critiques, ce qui influe sur la croissance nationale et sur l’Europe par ricochet.
Canicule et PIB en France : un coût de plusieurs milliards
Allianz estime que la canicule pourrait coûter -0,3 point de PIB à la France en 2025, pour 12 jours dépassant 32 °C entre le 1ᵉʳ mai et le 14 juillet, soit un effet modéré mais significatif sur la croissance et l’activité. Ce chiffrage place l’Hexagone dans la moyenne haute des économies tempérées, car l’impact dépend du nombre de jours très chauds, de la structure sectorielle et de la capacité d’adaptation, et il se compare à -0,1 point pour l’Allemagne et -1,4 point pour l’Espagne.
« Une journée de canicule au-dessus de 32 °C équivaut à une demi-journée de grève », rappelle Allianz. Ce parallèle éclaire bien l’impact macroéconomique de la canicule, car il relie directement la chaleur à un choc de productivité et d’activité que les entreprises perçoivent immédiatement, même si un rattrapage partiel peut survenir plus tard. Dans ce cadre, la canicule en France abaisse la croissance par accumulation de retards, de reports et de coûts supplémentaires, notamment pour rafraîchir les locaux, réorganiser les horaires et protéger les salariés.
La canicule coûte cher aux entreprises
Sur le terrain énergétique, la canicule exerce une pression concrète sur la production et les réseaux. Mercredi 13 août, EDF a indiqué que le réacteur Bugey 3 verrait sa puissance réduite d’environ 500 MW pendant l’après-midi et la soirée, la température des cours d’eau limitant le refroidissement, tandis que des avertissements visaient d’autres sites, notamment sur le Rhône et la Garonne. Comme le nucléaire fournit environ 70 % de l’électricité consommée en France sur une année, cette contrainte illustre comment la canicule peut à la fois augmenter la demande et restreindre l’offre, donc tendre les marchés et les coûts pour les usagers professionnels, selon Reuters.
Côté thermomètre, les signaux d’intensité sont clairs et d’actualité. Au dixième jour de l’épisode, 25 départements restaient en vigilance orange dimanche 17 août, et 266 stations météo ont enregistré au moins 40 °C entre le 9 et le 12 août, soit davantage que toute la seconde moitié du XXᵉ siècle. Cette amplitude de la canicule, associée à des nuits très douces et à des records en Languedoc-Roussillon, renchérit la climatisation, perturbe des circulations et déplace des flux touristiques, ce qui pèse, secteur par secteur, sur la productivité et l’activité.
Productivité, santé au travail et organisation : des nouveaux enjeux
Les données sanitaires décrivent un pays largement exposé lors de la canicule. Santé publique France précise que l’épisode a débuté le 8 août et qu’entre le 8 et le 11 août, 45,3 % de la population a connu au moins une journée de vigilance orange, tandis que 12 départements étaient en rouge le 11 août ; de plus, on observe plus de 100 passages aux urgences par jour et une trentaine de consultations SOS Médecins quotidiennes pour l’indicateur « iCanicule ». Ces éléments se traduisent dans les entreprises par des réorganisations d’horaires, des pauses supplémentaires et la montée d’un risque thermique, qui dégrade la productivité en plein cœur de l’activité estivale.
Météo-France rappelle d’ailleurs la dynamique de fond : « La 51ᵉ vague de chaleur enregistrée en France depuis 1947, qui a débuté vendredi 8 août, est toujours en cours sur le pays », avec des pointes à 40,6 °C à Canet-en-Roussillon, 39,5 °C à Perpignan ou 39,0 °C à Narbonne, et des minimales nocturnes exceptionnellement élevées dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales.



