Dans un environnement économique qui change sans cesse, les pays européens se démènent pour adapter leur salaire minimum tout en essayant de faire grandir leur économie. La France et l’Espagne se retrouvent au cœur de cette évolution, avec leurs propres galères et belles opportunités. Pendant que l’Espagne enregistre une croissance solide, la France doit jongler entre l’augmentation de la productivité et la révision des cotisations afin d’éviter des pertes d’emplois.
Faire grandir l’économie et ajuster les salaires
La France se trouve à un tournant décisif. Pour augmenter le Smic sans mettre en péril l’emploi, il faut choisir entre alléger les cotisations ou booster la productivité. Pour 2025, la croissance prévue en France est de 0,8 %, bien en dessous des 2,7 % attendus en Espagne. Ce décalage démontre que Paris doit mettre en œuvre des mesures efficaces pour redonner de l’élan à son économie et maintenir un taux de chômage stable.
Du côté de l’Espagne, l’économie bénéficie d’une belle dynamique avec un PIB qui devrait progresser de 3,5 % en 2024. Le Smic y a ainsi bondi de 22 % en 2019 et de 82 % depuis 2015, alors qu’en France, il n’a augmenté que de 24 % sur la même période.
Le coût du travail et la comparaison internationale
Le coût du travail est une autre pièce du puzzle. En 2025, le salaire minimum en France atteindra 1 802 euros bruts, contre 1 381 euros bruts en Espagne. Cette différence s’explique aussi par le tarif horaire : il est d’environs 44 euros en France et à peine 25 euros en Espagne. Ces disparités salariales placent la France en cinquième position dans la zone euro pour le salaire minimum le plus élevé.
Au niveau international, plusieurs pays affichent des niveaux supérieurs :
- le Luxembourg propose 2 704 euros,
- l’Irlande 2 282 euros,
- les Pays-Bas 2 246 euros,
- l’Allemagne 2 161 euros et
- la Belgique 2 112 euros.
La productivité et la valeur ajoutée
La productivité reste un point de friction pour offrir des salaires attractifs tout en ne faisant pas exploser les coûts pour les entreprises. La productivité française, similaire à celle de l’Allemagne, dépasse celle de l’Espagne. Pour illustrer, en Espagne le coût horaire du travail représente seulement 59 % de la valeur ajoutée brute par heure travaillée, contre 74 % en France en 2024, malgré un faible nombre d’heures travaillées.
Eric Dor précise à BFMTV que « la valeur ajoutée par heure travaillée d’une entreprise est nécessairement la limite supérieure que peut y atteindre la rémunération totale horaire moyenne du travail salarié ». Ce constat souligne l’importance d’améliorer la productivité afin de préserver la rentabilité.
En route vers une amélioration durable
Face à ces défis économiques variés, plusieurs pistes se dessinent. Par exemple, réduire les cotisations sociales patronales permettrait d’alléger le fardeau pour les entreprises françaises. Par ailleurs, investir dans la formation initiale et professionnelle ainsi que dans les nouvelles technologies contribuerait à améliorer significativement la productivité.
Eric Dor met en garde en affirmant qu’il serait « irréaliste de penser pouvoir imiter les hausses de salaires de l’Allemagne sans induire des pertes d’emploi ». Aujourd’hui, l’Espagne semble mieux placée pour attirer des investissements grâce à un coût salarial plus avantageux.


