La Commission européenne a dévoilé récemment un projet ambitieux pour orienter l’argent des épargnants européens vers le financement d’entreprises locales. Cette initiative vise à dynamiser l’économie du continent tout en proposant des rendements plus alléchants aux investisseurs. Avec 10 000 milliards d’euros qui se retrouvent inactifs sur les comptes bancaires, ce plan pourrait bien changer la donne dans le secteur financier en Europe.
Un niveau d’épargne élevé et une forte dépendance aux États-Unis
L’Europe affiche un taux d’épargne de plus de 15 %, se démarquant ainsi parmi les régions ayant le plus de réserves financières. Pourtant, on estime qu’entre 20 et 30 % de cette épargne est actuellement investie aux États-Unis. Les produits financiers américains – comptes-titres, unités de compte d’assurance-vie et ETF – proposent souvent des rendements plus incitatifs que ceux disponibles en Europe.
Déjà, Eric Lombard, ancien ministre de l’Économie, avait tiré la sonnette d’alarme en juin dernier. Il rappelait que l’Europe devait retenir ces capitaux pour soutenir son propre développement et limiter sa dépendance à l’égard des produits financiers étrangers.
Les initiatives de la Commission : éducation financière et nouveaux produits
Pour renverser la tendance, la Commission européenne a imaginé plusieurs mesures regroupées autour de deux axes : l’amélioration de l’éducation financière et la création de nouveaux produits d’investissement.
L’éducation financière
L’une des priorités est de mieux informer les citoyens sur leurs finances. La Commission envisage de lancer une grande campagne d’éducation financière à l’échelle de l’Union européenne pour aider chacun à faire des choix avisés, à comprendre les risques liés aux investissements et à éviter les arnaques. Elle met en avant qu’« une bonne combinaison de connaissances et de compétences financières » permettrait aux Européens de mieux gérer leur budget, économiser plus efficacement et se sentir plus préparés pour investir dans leur avenir.
Il sera également encouragé de partager les bonnes pratiques issues des initiatives nationales entre les différents États membres. Des outils spécifiques seront mis au point pour suivre les progrès réalisés en matière d’apprentissage financier.
Des comptes épargne et investissement accessibles
Parallèlement, la Commission préconise d’introduire des comptes d’épargne et d’investissement attractifs au niveau national. Ces comptes ne comporteraient ni frais d’entrée ni montant minimum, ce qui les rendrait accessibles au plus grand nombre. Même si ce domaine relève principalement des compétences des États membres, la Commission encourage fortement ces derniers à s’en saisir.
Ces nouveaux comptes pourraient bénéficier d’avantages fiscaux et proposer des procédures simplifiées pour séduire davantage d’épargnants. L’idée est d’offrir des rendements supérieurs à ceux des dépôts bancaires classiques tout en gardant à chacun la maîtrise de ses choix financiers.
Les effets prévus sur l’économie européenne
Si ce plan est mis en œuvre avec succès, il pourrait engendrer des retombées importantes sur l’économie en Europe. En finançant directement les entreprises locales, cette stratégie stimulerait la croissance et favoriserait la création d’emplois sur le continent. Elle contribuerait en parallèle à rapprocher l’épargne et l’investissement dans l’Union européenne.
Cela dit, la réussite dépendra en grande partie de l’engagement des États membres, qui devront mettre en place les mesures incitatives pour rendre ces comptes attractifs et accessibles. La Commission suivra de près les progrès réalisés dans chaque pays, en espérant que cette approche apportera une stabilité économique plus durable.



