Depuis le 1er avril 2026, une réforme importante de l’indemnisation chômage est entré en vigueur en France, notamment pour les demandeurs d’emploi dits « primo‑entrants », explique Capital. Annoncée par le Service Public, elle vise à faciliter l’accès à l’allocation d’aide au retour à l’emploi (ARE) pour cette catégorie de salariés privés d’emploi, en introduisant davantage de souplesse alors que le chômage reste un enjeu majeur de la politique sociale.
Ce qui change pour les primo‑entrants
Les « primo‑entrants » désignent les personnes qui n’ont jamais, ou depuis plus de 20 ans, bénéficié de l’assurance chômage. La réforme adapte la condition d’affiliation nécessaire pour toucher l’ARE. Depuis le 1er avril 2026, ces demandeurs doivent justifier de seulement 5 mois de travail, soit 108 jours ou 758 heures, sur les 24 mois précédant la fin du contrat (ou 36 mois pour les personnes âgées de 55 ans ou plus).
Cette modification doit permettre d’intégrer environ 16 000 personnes supplémentaires dans le système d’indemnisation, sur un total de 2,4 millions de demandeurs d’emploi indemnisés. C’est un changement notable pour les primo‑entrants, qui voient la barrière d’accès réduite par rapport aux 6 mois exigés par le régime général.
Les autres conditions restent les mêmes
Précision importante : seul le critère d’affiliation est modifié pour les primo‑entrants. Les autres conditions d’accès à l’ARE restent inchangées. Pour être éligibles, les demandeurs doivent s’inscrire auprès de France Travail et remplir l’obligation de recherche active d’emploi, surtout s’ils sont considérés comme immédiatement disponibles pour travailler.
Autrement dit, l’assouplissement concerne principalement le seuil d’affiliation ; il ne touche pas au mode de calcul de l’ARE, ni aux règles comme les différés d’indemnisation ou les possibilités de cumul ARE‑emploi.
Ce que ça change pour les finances de l’Unédic
Cette mesure arrive alors que les finances de l’Unédic sont tendues : l’organisme prévoit un déficit prévisionnel de 2,1 milliards d’euros pour 2026, avec des économies Unédic attendues. Ce déficit est en grande partie attribué à une ponction étatique de 4,1 milliards d’euros, présentée par la présidente de l’Unédic comme nécessaire pour rembourser la dette liée à la pandémie de Covid‑19. Malgré cela, des améliorations sont attendues avec des excédents estimés à 2,8 milliards d’euros en 2027 et 4,8 milliards d’euros en 2028.
Il faudra donc trouver un équilibre entre l’élargissement de l’accès à l’indemnisation et une gestion stricte des finances publiques, ce qui demandera des décisions stratégiques pour assurer la pérennité du système.


