Ce montage entre une mafia turque et une banque a permis de détourner 100 millions chez Kiabi, les enquêteurs remontent le fil

Une somme incroyable de 100 millions d’euros a disparu, entraînant Kiabi dans un tourbillon judiciaire.

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Ce montage entre une mafia turque et une banque a permis de détourner 100 millions chez Kiabi, les enquêteurs remontent le fil
Ce montage entre une mafia turque et une banque a permis de détourner 100 millions chez Kiabi, les enquêteurs remontent le fil © journaldeleconomie.fr

Le monde judiciaire et financier est secoué par une affaire de grande ampleur impliquant l’enseigne française Kiabi. La somme astronomique de 100 millions d’euros a été détournée par leur ancienne trésorière, Aurélie B., en juin 2023, raconte Le Figaro. Ce long feuilleton judiciaire soulève des questions majeures : Kiabi pourra-t-elle récupérer cet argent perdu et qui sont les responsables impliqués ?

Détournement et blanchiment : une affaire qui se complique

Il y a près de trois ans, le mystère a commencé autour de la disparition de 100 millions d’euros. Ces fonds ont d’abord transité par la Volksbank Düsseldorf Neuss en Allemagne, avant de se retrouver en Turquie, où des contacts douteux auraient orienté l’argent. Aurélie B., au centre de ce dossier, est accusée d’avoir orchestré la fraude en imitant la signature de la présidente de Kiabi pour faciliter les transferts. Elle aurait ensuite fait appel à la mafia turque pour blanchir ces sommes.

Elle a aussi créé une société fictive, My Lux Property (présentée comme une entreprise immobilière de luxe), qui, selon les enquêteurs du Parquet de Paris, a surtout servi de façade. Cette société a été créée en avril 2021, avec un capital social de 1 000 euros, et était domiciliée à Sophia Antipolis.

Qui sont les acteurs et quel rôle ils ont joué

Installée en Floride, Aurélie B. gravitait dans les milieux du luxe, mais elle n’est pas la seule mise en cause. Clément D. a été mis en examen en septembre 2025 pour « blanchiment en bande organisée ». Son rôle fait encore l’objet d’investigations ; il a été placé sous contrôle judiciaire et vient collaborer comme témoin assisté pour d’éventuelles charges d’« escroquerie en bande organisée ».

La justice s’intéresse aussi aux connexions avec la mafia turque, supposée avoir utilisé ces fonds pour alimenter des circuits illicites. L’enquête tente de reconstituer comment ces liens transfrontaliers ont été établis et entretenus, dans un contexte d’escroquerie bancaire.

L’enquête avance et les banques entrent en jeu

L’enquête menée par l’Office central pour la répression de la grande délinquance financière progresse, avec une avancée importante après un accord bancaire entre Kiabi et la Volksbank Düsseldorf Neuss. Les détails de cet accord restent « sous stricte confidentialité », mais il représente une avancée majeure pour le recouvrement des fonds et pour préparer des actions contre les responsables. « Avec l’accord désormais conclu, nous évitons un litige long et éprouvant pour les deux parties, et nous nous concentrons désormais sur les actions à mener contre les responsables », a précisé la porte-parole de la banque.

Cet arrangement ouvre la voie à une restitution partielle des fonds perdus, et montre la volonté de Kiabi de réparer ce préjudice lourd pour ses collaborateurs et ses actionnaires.

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