La Banque Mondiale coupe dans ses prévisions de croissance

Si les tensions actuelles devaient s’intensifier, les conséquences économiques pourraient s’avérer dramatiques.

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La croissance va ralentir en 2023, d'après la Banque de France
La Banque Mondiale coupe dans ses prévisions de croissance © journaldeleconomie.fr

La Banque Mondiale révise drastiquement ses prévisions de croissance mondiale à 2,5% pour 2026, soit le niveau le plus bas depuis la pandémie. Le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz par l’Iran provoquent une flambée des prix énergétiques qui pénalise particulièrement les économies en développement.

La Banque mondiale abaisse drastiquement ses prévisions de croissance mondiale

La croissance mondiale connaît un coup d’arrêt brutal. Dans son rapport semestriel Global Economic Prospects publié jeudi, la Banque mondiale révise à la baisse ses projections, anticipant une expansion économique limitée à 2,5% en 2026, contre 2,9% prévus en janvier. Il s’agit du rythme le plus faible depuis la pandémie de Covid-19, avec des répercussions pour l’ensemble des économies planétaires.

L’institution de Washington identifie le conflit au Moyen-Orient comme principale cause de cette dégradation. Depuis les frappes américaines et israéliennes contre l’Iran le 28 février 2026, la fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran provoque des turbulences sur les marchés énergétiques mondiaux. Selon Yahoo Finance, les prévisions de la Banque mondiale tablent sur un prix moyen du baril de Brent à 94 dollars cette année, soit une hausse de 36% par rapport à 2025.

Le choc énergétique ranime l’inflation

La flambée des prix énergétiques entraîne mécaniquement une résurgence inflationniste. L’inflation mondiale devrait atteindre 4% en 2026, en nette progression par rapport aux 3,3% enregistrés l’année précédente. « La guerre au Moyen-Orient devrait constituer un choc d’offre négatif important mais temporaire, affaiblissant la confiance et resserrant les conditions financières », analyse le Fonds monétaire international dans un rapport parallèle cité par Le Figaro.

Au-delà du pétrole, les perturbations touchent le marché des engrais, dont une grande partie transite par le golfe Persique. Les prix de ces intrants agricoles essentiels pourraient bondir de 38% cette année, générant des tensions sur l’approvisionnement alimentaire mondial et exacerbant l’insécurité nutritionnelle dans les régions les plus vulnérables.

Les pays en développement paient le prix fort

Les économies émergentes et en développement subissent de plein fouet les effets de la crise. Leur croissance collective devrait ralentir à 3,6% en 2026, contre 4,4% l’année précédente, marquant le niveau le plus bas depuis la pandémie.

L’institution redoute même une « décennie perdue » pour nombre de ces économies. Près de la moitié des pays en développement n’ont pas réussi, depuis 2019, à réduire l’écart de revenus avec les nations les plus prospères. À la fin 2026, un quart de ces économies afficheront un niveau de richesse inférieur à celui de 2019, avant l’éclatement de la crise sanitaire.

Le scénario noir d’une récession mondiale

Si les tensions actuelles devaient s’intensifier, les conséquences économiques pourraient s’avérer dramatiques. Dans un scénario de dégradation, où les perturbations énergétiques s’accompagneraient de stress financiers importants, la croissance mondiale pourrait s’effondrer à seulement 1,3% en 2026. L’inflation grimperait alors à 4,4%, créant un cocktail toxique de récession et de hausse des prix.

« Si le choc énergétique déclenchait un choc sur les marchés financiers, la confiance pourrait s’éroder rapidement », met en garde Ayhan Kose, économiste en chef adjoint de la Banque mondiale. Une perspective particulièrement préoccupante alors que les banques centrales, à l’image de la Banque centrale européenne qui a relevé ses taux jeudi, privilégient la lutte contre l’inflation au détriment de la relance économique.

L’endettement fragilise les marges de manœuvre

La crise actuelle révèle la fragilité structurelle de nombreux pays en développement, dont l’endettement a explosé depuis 2010. La dette publique globale de ces économies est passée de moins de 40% du PIB à plus de 70% en une décennie, réduisant considérablement leurs marges de manœuvre budgétaires.

« Plus un pays est déjà endetté, plus les coûts d’emprunt de la dette supplémentaire bondissent », explique Indermit Gill, chef économiste de la Banque mondiale. Une situation qui compromet leur capacité à investir dans les infrastructures et les services publics nécessaires à un développement durable.

Les chiffres illustrent l’ampleur du défi. Dix-neuf pays dépendent encore de l’aide étrangère pour leur approvisionnement alimentaire. Les économies du Golfe verront leur croissance chuter de 3,9% en 2025 à quasiment zéro en 2026. La zone euro devrait limiter sa progression à 0,8% cette année, tandis que l’Inde reste la grande économie à la croissance la plus rapide avec 6,6% prévu.

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