Ormuz : les tensions se poursuivent, le pétrole franchit les 85 dollars

Le détroit d’Ormuz est redevenu le théâtre d’une escalade militaire majeure. Le 14 juillet 2026 dans l’après-midi, les États-Unis ont réinstauré leur blocus naval contre les ports iraniens, après plusieurs attaques menées par l’Iran contre des navires commerciaux.

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Conflit Stratégique Au Détroit D'ormuz
Crédit photo JDE | journaldeleconomie.fr

L’annonce du blocus est intervenue à 16 heures (heure de la côte Est américaine), soit 22 heures à Paris. Le Commandement central américain (CENTCOM) a précisé dans un communiqué sur X que plus de 20 navires de guerre et des centaines d’appareils militaires étaient déployés au Moyen-Orient. « Les forces américaines restent vigilantes, létales et prêtes à exécuter les opérations ordonnées par le commandant en chef », a indiqué l’institution militaire. Le détroit d’Ormuz, passage maritime par lequel transite environ 20 % du pétrole et du gaz naturel mondial, se trouve ainsi à nouveau sous haute tension.

Une opération militaire de sept heures contre des installations iraniennes

Dans la soirée du 14 juillet, heure locale iranienne, le CENTCOM a conduit une opération d’envergure qui s’est étalée sur sept heures. Les forces américaines ont frappé des installations de missiles et de drones, des capacités navales ainsi que des systèmes de défense côtière, selon le communiqué officiel. L’objectif affiché était de « dégrader davantage la capacité de l’Iran à menacer la navigation commerciale et les équipages civils ».

Des avions de chasse, des drones et des bâtiments navals ont participé à l’offensive, qui a visé des sites militaires près du détroit d’Ormuz et le long du littoral iranien. Les médias d’État iraniens ont rapporté des explosions entendues dans les villes portuaires de Bandar Abbas et Sirik, deux localités stratégiques situées le long du détroit, déjà régulièrement ciblées depuis le début du conflit en février 2026.

L’amiral Brad Cooper, commandant du CENTCOM, a justifié les opérations en déclarant sur les réseaux sociaux que l’Iran avait « intentionnellement » pris pour cible des civils et attaqué sept navires commerciaux au cours de la semaine précédente, causant la mort, la disparition ou des blessures à environ une douzaine de membres d’équipage. « Les forces américaines tiennent l’Iran responsable d’une agression injustifiée qui continue de mettre en danger des vies innocentes », a-t-il affirmé. Selon les données compilées par l’Institute for the Study of War et le Critical Threats Project de l’American Enterprise Institute, au moins 29 navires ont été attaqués par l’Iran dans le golfe Persique entre le 1er mars et le 13 juillet 2026.

Le pétrole bondit, les marchés craignent une nouvelle flambée

La reprise des hostilités a provoqué une hausse immédiate des cours pétroliers. Le contrat à terme Brent pour septembre a progressé de 1,23 % mercredi matin, atteignant 85,77 dollars le baril, tandis que le WTI pour livraison en août a gagné 1,01 % à 80,14 dollars. La veille, lundi 13 juillet, les prix avaient déjà bondi de près de 10 %, la plus forte hausse en une seule journée depuis six ans, après l’annonce par Donald Trump de la réinstauration du blocus.

« La dernière escalade montre à quel point les attentes d’une réouverture rapide du détroit étaient prématurées », a analysé Saul Kavonic, analyste senior de l’énergie chez Mst Marquee, dans un courriel adressé à CNBC. « Les hostilités et le blocus réimposé replacent le conflit sur une trajectoire d’escalade. Le pétrole pourrait retester les 100 dollars si l’intensité actuelle des hostilités persiste pendant quelques semaines, voire monter encore plus haut si des infrastructures pétrolières régionales sont ciblées. »

Le 14 juillet, le Brent a atteint 87,49 dollars le baril, son plus haut niveau depuis le 12 juin, mais reste toutefois bien en deçà du pic enregistré depuis le début de la guerre. Les marchés énergétiques demeurent nerveux, conscients que toute perturbation prolongée du trafic dans le détroit d’Ormuz aurait des répercussions mondiales. Selon les données de Kpler, société spécialisée dans l’analyse des flux maritimes et des matières premières, seuls dix navires ont emprunté le détroit le 13 juillet, signe d’un quasi-arrêt du trafic commercial. Un contexte qui rappelle les tensions récentes autour de l’OTAN et des relations diplomatiques tendues entre alliés occidentaux.

Trump menace de frapper ponts et centrales électriques, puis fait volte-face

Le président américain Donald Trump a durci le ton dans une interview accordée à Fox News. « Nous allons les frapper très fort ce soir. Nous allons les frapper très fort demain soir. Nous allons les frapper très fort après-demain soir », a-t-il déclaré. « Et puis la semaine prochaine, cela devient vraiment grave pour eux, parce que la semaine prochaine, ce seront les centrales électriques, la semaine prochaine, ce seront les ponts. Nous allons détruire toutes leurs centrales électriques, nous allons détruire tous leurs ponts. À moins qu’ils ne viennent à la table des négociations. »

De telles menaces de frappes sur des infrastructures civiles soulèvent des questions juridiques. Des experts rappellent que de telles attaques peuvent constituer des crimes de guerre, bien que l’administration Trump affirme viser uniquement des cibles légitimes à usage militaire. Le président a également indiqué avoir fait transmettre un message à Téhéran plus tôt dans la journée du 14 juillet, les exhortant à « conclure un accord ». « Nous faisons très attention à la population civile, comme vous le savez », a-t-il ajouté.

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