Martin Gauss, directeur général de Gulf Air, a commenté la signature d’une lettre d’intention avec la start-up californienne JetZero, annoncée le 21 juillet 2026 au salon aéronautique de Farnborough, en soulignant que le Z4 marquait une avancée majeure en matière d’efficacité aéronautique, alliant une réduction de la consommation de carburant pouvant atteindre 50 % à une expérience passager totalement inédite.
La compagnie nationale du Royaume de Bahreïn prévoit d’utiliser ces appareils pour étoffer son réseau vers l’Europe et l’Asie, avec des livraisons attendues au début des années 2030.
Le nombre d’appareils concernés par l’accord n’a pas été divulgué.
Un avion sans fuselage tubulaire
Le Z4 n’a rien d’un avion de ligne ordinaire. Sa configuration dite blended wing body (BWB), ou aile volante à corps intégré, fusionne le fuselage et les ailes en une seule structure. Là où un Boeing 787 ou un Airbus A330 présente un tube cylindrique auquel sont fixées des ailes, le Z4 forme un ensemble d’un seul tenant.
Cette géométrie permet un fuselage plus compact tout en logeant jusqu’à 250 passagers, grâce à l’intégration maximale du volume intérieur à la voilure.
L’autonomie annoncée atteint environ 9 260 km, ce qui couvre des liaisons comme Bahreïn-Londres ou Bahreïn-Tokyo sans escale. JetZero revendique une réduction de consommation de 30 % par rapport aux appareils conventionnels que le Z4 vise à remplacer, Boeing 757, 767 et premières générations d’A321 et d’A330. Avec des moteurs de nouvelle génération, ce chiffre pourrait atteindre 50 %.
La cabine propose des portes d’embarquement plus larges, un accès direct à six espaces intérieurs distincts et un rangement en soute dédié par siège. Pratt & Whitney et Thales figurent parmi les partenaires technologiques du programme, respectivement pour la motorisation et les commandes de vol.
Un calendrier encore à confirmer
JetZero vise un premier vol du prototype en 2027. Le démonstrateur grandeur nature sera propulsé par deux turboréacteurs Pratt & Whitney PW2040, le même moteur que celui du Boeing 757. L’entrée en service commercial reste prévue pour le début des années 2030, en cohérence avec les positions de livraison préférentielles accordées à Gulf Air.
L’entreprise fait face à plusieurs défis avant d’en arriver là. La pressurisation de la cabine pose des problèmes techniques spécifiques liés à la forme non cylindrique de la structure. La certification auprès des autorités aéronautiques mondiales représente un autre obstacle, aucun appareil civil de configuration BWB n’ayant jusqu’ici jamais été certifié. Enfin, l’outil industriel existant n’est pas adapté à la fabrication en série de ce type d’appareil.
Pour répondre à ce dernier point, JetZero a lancé en juin 2026 la construction d’une usine à Greensboro, en Caroline du Nord. Le site couvrira environ 743 000 m². La semaine de l’annonce avec Gulf Air, la Banque Export-Import américaine a signé une lettre d’intention pour explorer un prêt de 3 milliards de dollars destiné à financer la ligne de production.
Gulf Air n’est pas seule à s’être positionnée sur le Z4. United Airlines avait signé en 2025 un accord provisoire portant sur jusqu’à 200 appareils. Le 21 juillet, la compagnie japonaise Japan Airlines a de son côté annoncé évaluer l’appareil dans le cadre de sa planification de flotte à long terme.
Tom O’Leary, directeur général et cofondateur de JetZero, a indiqué que le Z4 offrait à Gulf Air des options de réseau élargies à un coût par siège-mille réduit, tout en proposant une expérience passager améliorée. Gulf Air opère vers plus de 50 destinations avec une flotte composée de 10 Boeing 787 et 34 Airbus A320 et A321.







