Donald Trump menace de suspendre les échanges commerciaux avec l’UE si elle maintient son projet d’association avec le Canada

Trump menace de couper les ponts commerciaux avec l’UE, furieux du rapprochement inédit entre Bruxelles et le Canada. Échanges en hausse de 80 %, terres rares, défense : quels intérêts se cachent derrière cette alliance qui l’agace tant ?

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Donald Trump menace de suspendre les échanges commerciaux avec l'UE si elle maintient son projet d'association avec le Canada
Donald Trump menace de suspendre les échanges commerciaux avec l’UE si elle maintient son projet d’association avec le Canada © journaldeleconomie.fr

Donald Trump a menacé, mercredi 16 septembre 2026, de rompre les échanges commerciaux entre les États-Unis et l’Union européenne. Le président américain réagissait au projet de Bruxelles de faire du Canada le premier pays « membre associé » de l’UE. Il a prévenu qu’il imposerait des droits de douane très lourds, ou cesserait purement et simplement tout commerce avec l’Europe, s’il jugeait cette initiative hostile.

« Je trouve cela ridicule », a lancé Trump devant des journalistes, avant d’ajouter que si l’Europe faisait cela, et s’il estimait qu’il s’agissait d’un acte hostile, il imposerait des droits de douane très lourds ou cesserait tout commerce avec l’Europe.

La proposition qui a déclenché cette sortie vient de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen. Elle l’a formulée en présence du Premier ministre canadien Mark Carney, qui doit s’exprimer devant les eurodéputés le jeudi 17 septembre 2026. Von der Leyen a également suggéré que le Canada rejoigne le futur Conseil européen de sécurité, une instance dont elle appelle elle-même la création.

« Nous voyons le monde avec les mêmes yeux : de l’IA au changement climatique, de l’Arctique à la géopolitique », a-t-elle affirmé, appelant Ottawa et Bruxelles à bâtir un avenir commun. Le bureau de Carney a de son côté publié un communiqué évoquant un monde plus dangereux et plus divisé où le Canada tisse des liens avec des partenaires de confiance.

Ce rapprochement s’explique par une double contrainte. Le Canada, engagé dans une guerre commerciale avec les États-Unis de Trump, cherche de nouveaux débouchés. L’Europe, dont les relations avec Washington restent elles aussi tendues, cherche des appuis à sa stratégie de rééquilibrage entre les deux superpuissances que sont la Chine et les États-Unis.

Le statut de membre associé évoqué pour le Canada n’a rien d’une catégorie juridique inscrite dans les traités européens. L’Allemagne avait récemment suggéré un statut comparable pour l’Ukraine, en proposant que Kiev puisse assister à certaines réunions ministérielles ou sommets de l’UE, sans droit de vote.

Les échanges UE-Canada ont bondi de 80 % depuis 2016

L’accord de libre-échange entré en vigueur en 2016 a supprimé presque tous les droits de douane entre les deux blocs. Résultat : les échanges commerciaux ont progressé de 80 % depuis cette date. En 2026, le Canada est devenu le premier pays non-membre de l’UE à intégrer le programme de défense européen Safe.

L’ambassadeur canadien à Bruxelles, Jonathan Wilkinson, a détaillé dans un entretien accordé à l’AFP les domaines où les deux parties comptent explorer leurs capacités et des besoins complémentaires, jugés stratégiquement importants pour garantir leur souveraineté : l’énergie, l’intelligence artificielle et les matières premières critiques, notamment les terres rares.

Ottawa espère aussi qu’un accord permette à la Banque européenne d’investissement de financer des projets canadiens liés aux minerais stratégiques, afin de réduire la dépendance à la Chine.

D’autres pistes sont à l’étude : un assouplissement des règles de mobilité de la main-d’œuvre, une hausse des échanges d’étudiants via le programme Erasmus, et une contribution canadienne au prêt de 90 milliards d’euros que l’UE accorde à l’Ukraine, via une participation à des projets de défense.

Après son entretien avec von der Leyen, Mark Carney s’est rendu au Royaume-Uni, où il a rencontré le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham. Les deux hommes ont réaffirmé leur volonté de coopérer en matière de défense et de commerce.

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