Le gouvernement a validé la proposition de la Commission de régulation de l’énergie d’augmenter de 2,5 % TTC les tarifs réglementés de vente de l’électricité. La hausse s’applique à compter du 1er août 2026 et concerne directement 19,37 millions de clients résidentiels abonnés à ces tarifs en France métropolitaine, selon le site service-public.
Concrètement, le niveau moyen des tarifs réglementés grimpe de 5,98 euros TTC par mégawattheure, soit environ 0,6 centime d’euro par kilowattheure, alerte actu.fr. La CRE chiffre l’impact sur la facture annuelle à environ 26 euros TTC pour un ménage moyen, soit un peu plus de 2,16 euros par mois.
Service-public donne un exemple concret : pour un foyer consommant 4,5 MWh par an, la facture passe de 1 046 à 1 072 euros TTC. Le montant réel dépendra toutefois de la consommation de chaque foyer et des caractéristiques de son contrat.
Le réseau électrique coûte plus cher à entretenir
La hausse s’explique d’abord par le tarif d’utilisation des réseaux publics d’électricité, le TURPE, qui finance l’exploitation et l’entretien des réseaux gérés par Enedis et RTE. Dans sa délibération du 21 mai, la CRE a décidé de relever ce tarif de 3,04 % pour le réseau de distribution d’Enedis et de 3,34 % pour le réseau de transport exploité par RTE.
Plusieurs facteurs pèsent sur cette évolution. La CRE invoque l’inflation et la hausse des coûts supportés par les gestionnaires de réseaux pour maintenir le système électrique en état de marche, en particulier lors des pics de tension. L’hiver 2025, plus doux que prévu, a lui aussi contribué à la facture : la demande d’électricité a reculé, réduisant les volumes acheminés par les gestionnaires. Le manque à gagner qui en résulte doit désormais être compensé.
À cela s’ajoute l’intégration du nouveau mécanisme de capacité, qui rémunère les producteurs, les installations de stockage et les dispositifs d’effacement capables de garantir une puissance disponible lors des pics de demande. L’ancien mécanisme n’est pas encore totalement soldé, mais ses coûts ne seront pas répercutés immédiatement : ils seront rattrapés lors du prochain mouvement tarifaire, prévu en février 2027.
Une bonne nouvelle vient toutefois limiter la casse. À partir du 1er août, l’accise sur l’électricité, cette taxe appliquée à la consommation, sera légèrement réduite pour les particuliers et les petits professionnels disposant d’une puissance souscrite inférieure ou égale à 36 kVA. Elle passera de 30,85 à 30,62 euros par mégawattheure, conformément à la loi de finances pour 2026. Sans cette baisse, la progression des tarifs aurait pu être plus marquée.
Un revirement après des promesses de stabilité
Cette annonce détonne avec le discours tenu jusqu’ici par l’exécutif. Fin 2025, Bercy assurait que la fin de l’Arenh, l’ancien dispositif encadrant le prix du nucléaire d’EDF, resterait indolore pour les ménages et que les factures au tarif réglementé seraient stables en 2026 comme en 2027. En janvier 2026, la CRE avait même proposé une baisse de 0,8 % des tarifs réglementés au 1er février.
Le projet de délibération doit encore être transmis pour avis au Conseil supérieur de l’énergie.
D’autres changements accompagnent cette révision tarifaire. En août 2026, l’option heures pleines/heures creuses sera accessible dès une puissance souscrite de 3 kVA, contre 6 kVA jusqu’alors, une évolution issue d’une consultation publique lancée par la CRE en mai. Pour les abonnés à l’option Tempo, le montant de l’abonnement sera désormais différencié entre les puissances de 24 et 30 kVA.
D’autres évolutions tarifaires pourraient suivre à partir de février 2027. Elles font l’objet d’un second volet de consultation publique de la CRE, ouvert jusqu’au 24 juillet 2026.



