Dafalgan, Efferalgan : ces 73 médicaments qui vont gagner 2 ans de vie

L’ANSM déploie jusqu’en 2031 un programme pour prolonger la durée de conservation de 73 médicaments courants. Quatorze laboratoires participent à cette initiative progressive qui pourrait transformer durablement les normes de l’industrie pharmaceutique française.

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Dafalgan, Efferalgan : ces 73 médicaments qui vont gagner 2 ans de vie © journaldeleconomie.fr

L’initiative « Longue vie aux médicaments » de l’ANSM, lancée en novembre 2025, s’étend sur cinq ans. Ce projet ambitieux vise à redéfinir les normes de conservation des médicaments en France, bien au-delà des 73 médicaments actuellement impliqués. L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) conduit une transformation progressive du secteur pharmaceutique français. Déployé jusqu’en 2031, ce programme cherche à prolonger la durée de conservation de nombreux médicaments parmi les plus vendus comme le paracétamol, l’amoxicilline et la lévothyroxine, pour modifier en profondeur les pratiques industrielles et sanitaires.

73 médicaments, 14 laboratoires, 5 ans

Le 26 août 2026, l’ANSM a annoncé que 14 laboratoires pharmaceutiques ont répondu à son appel. Ces industriels soumettent volontairement 73 médicaments à une réévaluation scientifique rigoureuse. Parmi eux, 47 devraient voir leur durée de conservation passer à quatre ans ou plus, contre deux à trois ans actuellement pour la majorité des traitements en France.

Des noms familiers comme Dafalgan et Efferalgan, produits par UPSA, verront leur durée de vie étendue de 36 à 60 mois. D’autres médicaments essentiels, incluant des antibiotiques et des régulateurs du sommeil à base de mélatonine, sont également concernés.

Lancement novembre 2025 : contexte et ambitions

Initié en novembre 2025, à l’occasion de la COP30, ce projet s’inscrit dans une logique environnementale. L’ANSM explique : « Ces durées relativement courtes entraînent la destruction inutile de milliers de boîtes. Pourtant, réévaluer ces durées permet souvent de les augmenter, en s’assurant de l’efficacité et de la sécurité des médicaments. »

L’initiative vise à réduire le gaspillage pharmaceutique, limiter les pénuries et diminuer l’impact environnemental. En 2025, Cyclamed a collecté 8 200 tonnes de médicaments non consommés, destinés à l’incinération, coûtant 517 millions d’euros annuels à l’Assurance maladie.

Chronologie du projet jusqu’en 2031

Le projet suit plusieurs étapes stratégiques sur cinq ans, permettant une évaluation méthodique des dossiers soumis par les laboratoires participants.

Août 2026 : 14 laboratoires engagés

L’annonce du 26 août 2026 marque un bilan positif. Les 14 industriels engagés représentent la diversité de l’industrie pharmaceutique française et s’engagent à fournir des études de stabilité démontrant l’efficacité et la sécurité sur des périodes prolongées.

Valérie Salomon, directrice des métiers scientifiques de l’ANSM, précise : « Les laboratoires testeront leurs médicaments dans des conditions contrôlées pour vérifier la stabilité du principe actif et l’absence de dégradation. »

Avril 2027 : clôture des candidatures

Le 30 avril 2027 marquera la clôture officielle des candidatures. Cette date permettra à l’ANSM de dresser un inventaire définitif des médicaments à réévaluer. D’autres laboratoires pourraient encore rejoindre le projet, élargissant le périmètre initial des 73 produits.

Cette première année est cruciale pour analyser les dossiers préliminaires et établir les priorités d’évaluation. Les médicaments les plus utilisés pourraient bénéficier d’une évaluation accélérée.

2026-2031 : évaluations et autorisations progressives

L’ANSM a choisi un déploiement graduel plutôt qu’une révision massive. Chaque année, un point d’étape permettra d’accorder de nouvelles autorisations de mise sur le marché modifiées, assurant un contrôle rigoureux tout en permettant des ajustements si nécessaire.

Les laboratoires devront maintenir la composition et le conditionnement inchangés, seule la date de péremption évoluera après validation scientifique complète. Le rythme annuel d’évaluation permettra également d’intégrer les retours d’expérience des premières prolongations, afin d’affiner les critères et optimiser le processus pour les dossiers futurs.

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