Des employés investissent presque 1 milliard de leur argent personnel dans le GenAI au travail, d’après une étude importante de Deloitte

958 millions de livres sortis de la poche des salariés britanniques pour utiliser l’IA au travail, souvent en catimini. Pourquoi contournent-ils leur employeur plutôt que d’attendre son feu vert ?

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Des employés investissent presque 1 milliard de leur argent personnel dans le GenAI au travail, d'après une étude importante de Deloitte
Des employés investissent presque 1 milliard de leur argent personnel dans le GenAI au travail, d’après une étude importante de Deloitte © journaldeleconomie.fr

Les travailleurs britanniques dépensent chaque année environ 958 millions de livres sterling de leur poche pour des outils d’intelligence artificielle générative utilisés dans le cadre professionnel. C’est ce que révèle une nouvelle étude de Deloitte UK, la première édition de son « GenAI Workforce Survey », menée auprès de 25 000 travailleurs à travers le pays.

L’ampleur du phénomène tient d’abord aux chiffres d’adoption. Deux tiers des travailleurs britanniques, précisément 63 % des actifs âgés de 18 à 70 ans, disent utiliser sciemment le GenAI pour leur travail. 24 % y recourt désormais tous les jours.

Parmi ces utilisateurs, 46 % se servent d’outils gratuits, 34 % d’outils externes payés par leur employeur et 17 % d’outils internes maison. 17 % des utilisateurs vont plus loin et paient eux-mêmes au moins un outil de GenAI à des fins professionnelles.

Un tiers des utilisateurs contournent leur employeur

31 % des utilisateurs de GenAI déclarent apporter leurs propres outils au travail sans que leur employeur en soit informé, un usage caché que l’étude qualifie de shadow AI. Par ailleurs, 65 % des utilisateurs rapportent un manque de leadership convaincant sur la manière dont le GenAI devrait être utilisé dans leur organisation.

La formation reste, elle aussi, largement absente. Environ la moitié des employés utilisant le GenAI au travail déclarent n’avoir reçu aucune formation formelle sur son usage sûr et efficace. Dans les faits, les usages restent d’ailleurs assez basiques : recherche d’informations (43 %), rédaction d’e-mails (43 %) et création de résumés (31 %) arrivent en tête des cas d’usage.

Hayley McKelvey, chief AI officer chez Deloitte UK, résume cette situation par une formule directe : « Les travailleurs britanniques montrent qu’ils ne veulent pas attendre une autorisation pour utiliser l’IA générative. Beaucoup utilisent déjà des outils gratuits ou paient eux-mêmes pour des versions premium afin de faciliter l’accomplissement de leur travail. »

Elle ajoute que le défi n’est plus d’amener les gens à utiliser le GenAI, mais de savoir comment les entreprises répondent à cette demande de manière sécurisée et responsable.

Le gain de temps déclaré est notable : 70 minutes économisées en moyenne par semaine, la majorité de ce temps servant à accomplir davantage de travail pour le même employeur. Mais cette adoption massive s’accompagne d’une gêne diffuse. 23 % des travailleurs pensent qu’il existe une stigmatisation liée à l’usage du GenAI, et 64 % des utilisateurs hebdomadaires craignent que leurs managers pensent que l’IA peut faire leur travail à leur place.

McKelvey estime que les travailleurs qui ressentent une stigmatisation autour de l’adoption des outils de GenAI sont plus susceptibles de dissimuler leur usage et appelle les dirigeants à énoncer clairement pourquoi et comment ces outils doivent être employés. Paul Lee, partner et head of industry insight chez Deloitte UK, pointe dans le même sens : « Ce qui importe ici, ce n’est pas que les employés utilisent l’IA générative, mais qu’ils le fassent malgré une formation limitée, des directives lacunaires et, dans certains cas, à l’insu de leur employeur. »

Il relève par ailleurs que le rôle du GenAI reste, pour beaucoup, centré sur des tâches simples plutôt que sur un travail complexe, et juge que les organisations qui en tireront le plus grand avantage seront celles qui offriront des garde-fous plutôt que le seul accès aux outils.

L’enquête, dont le terrain a été mené par Ipsos UK entre le 7 mai et le 10 juin 2026, est présentée par Deloitte comme la plus grande étude sur l’adoption de l’IA en milieu professionnel jamais menée dans un seul pays. Elle doit être reconduite tous les six mois environ, jusqu’à ce que l’adoption du GenAI soit jugée mature parmi les entreprises britanniques.

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