Allemagne : rabais fiscal de 17 centimes sur les carburants dès octobre

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Allemagne : rabais fiscal de 17 centimes sur les carburants dès octobre
Allemagne : rabais fiscal de 17 centimes sur les carburants dès octobre © journaldeleconomie.fr

À 48 heures d’élections régionales cruciales, le gouvernement allemand annonce un rabais fiscal de 17 centimes par litre sur les carburants dès octobre 2026, suivi d’un plafonnement des prix en 2027. Avec un chancelier Merz au plus bas de sa popularité (13% de satisfaction), cette mesure à 2,5 milliards d’euros relève-t-elle de la nécessité économique ou du calcul électoral ?

À l’approche des élections régionales, l’Allemagne annonce un plan pour alléger les prix du carburant. Cette démarche s’interprète-t-elle comme une réponse à une crise économique ou une manœuvre politique pour améliorer la popularité du chancelier Merz, en baisse à 48 heures du scrutin ? Avec le diesel à 2,42 euros le litre et une popularité en chute libre, le gouvernement mise sur un rabais fiscal immédiat et un plafonnement des prix à venir.

Une annonce opportune avant les élections régionales

Le gouvernement allemand dévoile ce vendredi un plan en deux étapes, juste avant les élections régionales. Le 1er octobre, un rabais fiscal de 17 centimes par litre sera appliqué, puis un plafonnement des prix inspiré des modèles luxembourgeois et belge est prévu pour le 1er janvier 2027. Le Figaro indique que des discussions avec l’industrie pétrolière sont en cours pour finaliser ce mécanisme.

Les élections à Berlin et en Mecklembourg-Poméranie Occidentale se tiennent dimanche, et l’AfD est en progression selon les sondages. À Berlin, la coalition CDU-SPD redoute une poussée nationaliste, tandis qu’en Mecklembourg-Poméranie Occidentale, Manuela Schwesig cherche à conserver sa majorité face à l’AfD. Le rabais fiscal vise à soulager les électeurs, mais suscite des critiques sur son opportunisme politique.

Merz face à un défi de popularité sans précédent

Friedrich Merz connaît une impopularité record avec seulement 13% de satisfaction, selon un sondage Infratest Dimap. Ce chiffre est le plus bas jamais enregistré pour un chancelier en exercice. Les raisons incluent l’augmentation du coût de la vie, des tensions au sein de la coalition et une gestion contestée de la crise énergétique. Le diesel atteint un pic de 2,42 euros le litre, réduisant le pouvoir d’achat des ménages.

Un plan en deux étapes pour répondre à la crise des carburants

Le gouvernement propose une stratégie séquencée : un rabais fiscal immédiat et un plafonnement des prix pour 2027. Cependant, des doutes persistent quant à l’efficacité réelle du rabais fiscal. Lors d’une mesure similaire au printemps 2026, seuls 12 centimes sur 17 ont été transmis aux consommateurs, selon Ad-hoc-news. Le gouvernement promet de renforcer les contrôles, mais sans garantie formelle. Pour un automobiliste moyen, le rabais représente une économie théorique de 153 euros sur trois mois.

Le plafonnement des prix, inspiré par les modèles luxembourgeois et belge, suscite des inquiétudes. Katherina Reiche, ministre de l’Économie, avertit des risques pour les raffineries si le plafond est trop bas. La Belgique a déjà connu des réductions d’activité après l’instauration d’un tel plafonnement. Les discussions avec l’industrie pétrolière s’annoncent tendues, et le niveau du plafond n’a pas encore été communiqué.

Les critiques fusent contre le rabais fiscal

Économistes et opposition critiquent le rabais fiscal, jugé régressif et contredisant les objectifs climatiques. Veronika Grimm, du conseil des sages économiques, le qualifie de « cynique » car il n’encourage ni les économies d’énergie ni l’électrification des transports.

L’AfD, par la voix de Leif-Erik Holm, décrit cette mesure comme une « mauvaise blague » visant à influencer les électeurs. Le parti capitalise sur le mécontentement face au coût de la vie et propose un retour aux approvisionnements russes. Les résultats des élections de dimanche indiqueront si les électeurs perçoivent cette mesure comme un soulagement ou un calcul politique. En France, 88 % des Français pensent qu’une colère sociale est possible, soulignant la sensibilité des prix du carburant. L’Allemagne espère éviter une telle révolte, mais si le rabais ne se traduit pas par une baisse visible, la déception pourrait aggraver l’impopularité de Merz.

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