Le gouvernement avait envisagé de réserver la prime de Noël 2026 aux seuls foyers ayant des enfants à charge. Ce projet de recentrage a finalement été abandonné : l’aide sera conservée pour l’ensemble des bénéficiaires, comme les années précédentes, rapporte le magazine Notre Temps.
La mesure devait permettre une économie de plus de 200 millions d’euros. L’enveloppe globale, qui s’élevait à 466,5 millions d’euros en 2025, aurait pu tomber à 261,5 millions si le recentrage avait été maintenu. Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a lui-même reconnu que cette piste pouvait sembler « un peu agressive », tout en plaidant pour un recentrage de l’aide.
Il a ajouté : « je ne suis pas sûr que notre pays ait les moyens de poursuivre ces politiques de générosité maximale ». Le dispositif reste finalement inchangé pour cette édition.
Une aide créée en 1998, jamais revalorisée
La prime de Noël a été instaurée par le gouvernement de Lionel Jospin en 1998. Elle est reconduite chaque année depuis, mais n’a jamais été revalorisée. Le versement est assuré par la Caisse d’allocations familiales, la Mutualité sociale agricole ou France Travail, selon la situation du bénéficiaire.
Sont concernés les titulaires du revenu de solidarité active, de l’allocation de solidarité spécifique, de l’allocation équivalent retraite, ainsi que les demandeurs d’emploi ayant épuisé leurs droits à l’assurance chômage. Il faut percevoir l’une de ces aides en novembre ou décembre de l’année en cours. En 2025, 2,2 millions de foyers en avaient bénéficié.
Pour un bénéficiaire du RSA, le montant varie selon la composition familiale :
- 152,45 euros pour une personne seule,
- 228,67 euros pour une personne seule avec un enfant,
- 274,41 euros pour un couple sans enfant,
- 320,14 euros pour un couple avec un enfant,
- 381,12 euros pour un couple avec deux enfants.
Des majorations existent pour les familles plus nombreuses. Pour les allocataires de l’ASS ou de l’AER, le montant est forfaitaire, fixé à 152,45 euros quelle que soit la composition du foyer. Le décret officialisant les montants 2026 n’a pas encore été publié, mais ils devraient rester au moins identiques, sauf décision contraire du gouvernement. L’inflation, qui doit dépasser 2 % en 2026, relativise un montant déjà jugé limité.
Aucune démarche n’est nécessaire : le versement est automatique, les organismes identifiant eux-mêmes les bénéficiaires à partir des prestations perçues. Il reste conseillé de vérifier que son dossier est à jour, un changement de situation familiale ou bancaire non signalé pouvant retarder le paiement.
En 2025, les virements étaient intervenus le 16 décembre. Un second virement est prévu en janvier pour les personnes qui ne touchent le RSA, l’ASS ou l’AER que depuis décembre. La prime n’est pas imposable et n’a pas à être déclarée aux impôts.
Selon la CAF, « il peut y avoir jusqu’à huit jours ouvrés de délai avant que le versement soit affiché sur votre compte bancaire », le délai dépendant de chaque établissement.




