La Bulgarie s’apprête à franchir une étape historique en adoptant l’euro en janvier 2026. À un mois de l’événement, la Banque nationale bulgare a commencé à vendre des kits de démarrage contenant les premières pièces en euros avec la face nationale bulgare. Pour certains, c’est un virage géopolitique vers l’Ouest ; pour d’autres, c’est source d’inquiétude et ça divise l’opinion publique.
Comment la transition est organisée
D’après Le Figaro, la Banque nationale bulgare a lancé la vente des kits de démarrage, composés de pièces en euros portant des motifs locaux, depuis le 1er décembre. Le but : familiariser les Bulgares avec la nouvelle monnaie avant le 1er janvier 2026, date officielle d’entrée dans la zone euro. Cette décision suit la confirmation de la Commission européenne le 8 juillet 2025, qui a estimé que la Bulgarie remplissait toutes les conditions requises pour adopter la monnaie unique.
L’avis positif de la Banque centrale européenne (BCE) a aussi été rendu, ouvrant la voie à la Bulgarie pour devenir le 21e membre de la zone euro. Ce changement intervient trois ans après l’adhésion de la Croatie. Rossen Jeliazkov, le Premier ministre bulgare, a qualifié la journée d’« jour exceptionnel » et d’« un nouveau pas en avant ».
Promesses économiques et inquiétudes dans la population
Pour les autorités, ce passage à l’euro doit servir de protection contre l’influence économique et politique du Kremlin, offrant une garantie supplémentaire face à une situation géopolitique complexe. Mais l’enthousiasme n’est pas général : près de la moitié des Bulgares sondés se montrent réticents à rejoindre la zone euro, certains redoutant une hausse des prix et la perte de la souveraineté monétaire incarnée par le lev, la monnaie nationale utilisée depuis plus de 140 ans.
Des manifestations ont eu lieu à Sofia en mai dernier, organisées par les sympathisants du parti prorusse Vazrajdane, avec des slogans comme « préserver le lev bulgare ». Ces mobilisations montrent que partie de la population craint une érosion de l’identité nationale et les conséquences économiques potentielles de cette transition, souvent alimentées par la désinformation.
La distribution des pièces et ce que ça signifie
Au-delà de l’aspect économique et politique, l’arrivée de l’euro a aussi une dimension culturelle. Les kits de démarrage, qui contiennent les premières pièces en euros ornées de symboles bulgares, sont déjà vus comme des objets de collection. Ivan Nikolov, un collectionneur, note que « le tirage est un peu réduit », ce qui laisse présager une rareté et une valeur attendue de ces pièces.
Les bureaux de poste, présents partout dans le pays, seront des acteurs clés en proposant un service de change gratuit pendant les six premiers mois suivant la transition. Selon Dimitriya Ruseva, maire de Krepost, cette mesure est « une très bonne chose » pour éviter les fraudes, une préoccupation partagée par d’autres habitants.


