Aéroports de Paris : Vers une chute du nombre de passagers en 2026

Le Groupe ADP annonce la première baisse du trafic dans les aéroports parisiens depuis 2020. Provoquée par la hausse du kérosène liée à la guerre au Moyen-Orient, cette contraction de 0,4% sur neuf mois constitue un signal d’alerte économique majeur pour la France.

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Aéroports de Paris : Vers une chute du nombre de passagers en 2026 © journaldeleconomie.fr

En 2026, les aéroports parisiens accueilleront moins de passagers. Le Groupe ADP a annoncé jeudi ce premier recul du trafic aérien à Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly depuis la pandémie de Covid-19 en 2020.

Le trafic aérien comme indicateur économique

Le transport aérien est un reflet de l’activité économique. Une diminution des déplacements professionnels des entreprises peut indiquer un ralentissement des affaires. De même, lorsque les ménages réduisent leurs voyages, cela peut signaler une baisse du pouvoir d’achat ou une anticipation pessimiste de l’avenir. En 2025, les aéroports parisiens ont accueilli 107 millions de passagers, soit 51% du trafic aérien français, ce qui en fait un indicateur précieux de la vitalité économique nationale.

Le trafic aérien est souvent utilisé par les économistes comme un indicateur avancé de conjoncture. Sa baisse peut précéder un ralentissement économique plus général, touchant le commerce, l’industrie et les services. Le recul annoncé par le Groupe ADP survient alors que les pressions inflationnistes, en particulier sur les coûts énergétiques, persistent.

Conséquences économiques de la baisse du trafic

Après cinq années de reprise entre 2021 et 2025, le retournement de tendance de 2026 est inattendu. Le Groupe ADP prévoyait initialement une progression de 0,5% du trafic. Au contraire, une contraction de 0,4% a été observée sur les neuf premiers mois de l’année par rapport à 2025, avec un été décevant : 20,2 millions de passagers en juillet-août contre 20,6 millions un an plus tôt.

Cette baisse reflète un changement de comportement des consommateurs et entreprises, confrontés à la hausse des prix. Les voyages d’affaires sont rationalisés et les déplacements familiaux reportés. Air France-KLM, employeur majeur en Île-de-France, est directement touché, estimant que sa contribution au PIB régional de 3,1% pourrait diminuer si la tendance se poursuit.

Impact de la crise énergétique sur le trafic aérien

La guerre au Moyen-Orient a entraîné une flambée des prix du pétrole, affectant le kérosène, qui représente 25% à 35% des coûts d’exploitation des compagnies aériennes. Une augmentation de 20% du prix du kérosène peut réduire significativement leurs marges. Le Groupe ADP a reconnu dans un communiqué que le trafic est impacté par la hausse des prix des carburants, tandis que la Scara, organisation professionnelle, met en garde contre l’augmentation des coûts énergétiques et fiscaux, avec la taxe TEITLD ayant déjà coûté 140 millions d’euros en 2025.

Pour compenser, les compagnies aériennes augmentent les tarifs. Un vol Paris-New York peut coûter 50 à 100 euros de plus, et les vols européens voient leurs prix augmenter de 15 à 30 euros. Ces ajustements sont nécessaires pour maintenir la survie économique des transporteurs mais pèsent sur la demande, affectant particulièrement les compagnies low-cost dont le modèle est fragilisé.

Changement de comportement des consommateurs et entreprises

La hausse des tarifs aériens entraîne une baisse de la demande, les ménages réduisant leurs voyages ou choisissant des destinations plus proches. Les entreprises, quant à elles, privilégient les visioconférences. Le Groupe ADP note des « ajustements de capacités » des compagnies, prévoyant une demande atone.

Les données montrent une tendance inquiétante. En septembre 2026, Roissy-Charles-de-Gaulle a connu une légère hausse de 1,5% grâce aux liaisons internationales, mais Orly a chuté de 7,9%, subissant la concurrence ferroviaire et une sensibilité accrue aux prix. Sur les neuf premiers mois, la contraction atteint 0,4%. Si elle persiste au quatrième trimestre, la baisse annuelle pourrait atteindre 0,6% à 0,8%, contrastant avec les hausses de 5,2% en 2024 et 3,8% en 2025. Le Groupe ADP, malgré cette situation, maintient ses prévisions financières.

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